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le 31 mai 2015
SuivreLe sommeil d'or
Cemetery of Splendour s’inscrit dans la prolongation de l’œuvre de Weerasethakul. Continuité thématique, on y parle encore de maladie, d’hôpitaux, de croyances religieuses, de confrontation...
Au nord-est de la Thaïlande, pays où les répressions militaires ont laissé des traces indélébiles, des anciens soldats sombrent dans une étrange léthargie. On tente de les réveiller grâce à des lumières thérapeutiques, comme si le cinéma pouvait exorciser les fantômes d’un passé refoulé.
Des tableaux se succèdent les uns après les autres en plans lents et fixes, chaque cadre nous immerge dans un rythme contemplatif afin pénétrer dans l'espace-temps de cette magnifique région.
Une photographie sublime : des teintes pastel (verts fluo, bleus électriques) pour créer une atmosphère à la fois onirique et clinique.
Des sons ambiants amplifiés : vent, insectes, machines médicales (Rimbaud exhortait au “dérèglement des sens”, le voilà servi) tandis que les dialogues, souvent murmurés, nous offrent une expérience sensorielle unique.
Des dialogues nourris de légendes locales, de mythes bouddhistes et d’événements politiques passés créent des lieux de mémoire emportés par la modernité.
Une allégorie de la répression de la junte militaire avec des soldats endormis, comme anesthésié par la propagande, tandis que les femmes qui prennent soin d'eux demeurent invisibilisées.
Ce film est une expérience où le beau naît de la mélancolie. Weerasethakul y réinvente le cinéma comme acte de résistance poétique : un rêve éveillé où le passé, plutôt que de hanter, irradie.
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Créée
le 3 déc. 2025
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