Cela de passe dans le hall de la gare de Rio de Janeiro. Dora ne ressemble plus vraiment à une femme. Institutrice à la retraite, elle arrondit les fins de mois en griffonnant sous la dictée les lettres de voyageurs qui ne savent pas écrire. Mais Nora est loin de partager leurs drames ; elle s'en empare, juge certaines lettres trop naïves, illusoires et les déchire ou les abandonne dans un tiroir. Un jour se présentent Josué, 9 ans et sa mère qui veut écrire à son mari -dont elle est séparée- que leur fils désire le connaître. La maman meurt peu après, laissant le garçon de 9 ans livré à lui-même. La grande actrice Fernanda Montenegro révèle de façon magistrale toutes les nuances de la nature complexe de Dora, personnage central. Le rôle du garçon est confié à Vinicius de Oliveira remarqué paraît-il quand il cirait les chaussures dans la rue. Le jeune acteur s'applique, fait tout son possible, se rebelle, boude, pleure quand il le faut, hélas de manière trop dirigée, presque scolaire à mon sens. L'histoire se poursuit en un road-movie qui m'a semblé long malgré d'originales péripéties où Dora est conduite, lambeau par lambeau, à tomber le masque. Fernanda Montenegro offre à son personnage une douloureuse et magnifique métamorphose. La scène finale est époustouflante !