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Une maison, deux générations, et très vite... trop de monde. Chacun chez soi, c’est un peu comme inviter la Suisse à un débat passionné : ça veut surtout éviter que ça déborde. Catherine s’installe chez sa fille et son gendre, et très vite, la cohabitation tourne à la partie de mikado où tout le monde bouge sauf les règles du jeu.
Michèle Laroque — qui réalise et joue — semble vouloir faire du tracas domestique un terrain d’humanisme tranquille. L’intention est louable. Mais à trop vouloir lisser les aspérités, elle finit par offrir une comédie où chaque éclat de rire semble être passé à l’adoucissant. C’est doux, c’est propre, c’est gentil. Trop peut-être.
Sa mise en scène ? Discrète. Un peu comme si Claude Sautet avait voulu tourner une pub Ikea. Stéphane De Groodt, lui, arrive en mode "pilote automatique" : ironique, placide, presque ailleurs. Il a ce truc d'être bon même quand le texte ne l’aide pas. Mais franchement, on sent qu’il pourrait faire mieux — s’il avait quelque chose à jouer. Alice de Lencquesaing, belle-fille aux nerfs à vif, essaie de mettre un peu de tension dans tout ça. Mais les dialogues lui mettent des bâtons dans les roues. On sourit, parfois, on hoche la tête, souvent. Mais on rit ? Rarement.
Ce qui frappe, c’est cette peur du conflit. Le film s'approche parfois d'une critique douce de la famille moderne, du mal-être bourgeois, des non-dits qui suintent comme une casserole oubliée sur le feu. Mais au moment de l’allumer vraiment… on coupe le gaz.
C’est dommage. Pas parce que c’est mauvais. Juste parce qu’on sent qu’il y avait un film à faire. Un vrai. Avec des angles, des accidents, des disputes, du bruit, du bordel — bref, de la vie. Ici, on reste en chaussons. On regarde passer les tensions comme des trains qu’on n’a pas pris.
Et puis cette manie de vouloir "réparer" tout le monde. Comme si un film devait forcément consoler. Parfois, on voudrait juste qu’il dérange. Ou qu’il grince un peu. Chacun chez soi reste dans son coin, poli, propre. Un dîner familial sans faute de goût, ni grande saveur.