Voir le film

Pendant presque 10 ans, quelque part aux abords de la mer baltique, un cinéaste estonien a réalisé dans son coin avec une poignée d’amis, une adaptation officieuse de MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE, en version comédie musicale.

Cette dinguerie aussi loufoque que jouissive, sortie il y a 2 ans dans son pays d’origine, vient de débarquer en France encore une fois grâce à Shadowz, les dénicheurs de pépites. Et c’est peut être le film le plus cool vu cette année.


Alors qu’ils viennent de se rencontrer et qu’ils pensent être fait l’un pour l'autre, deux jeunes amoureux voient leur courte idylle interrompue par un tueur à la tronçonneuse croisant leur chemin.

C’est ainsi que l’on peut pitcher le film, ou du moins son intrigue de départ, car on va partir loin, très loin, dans l’absurde.

Une famille de redneck cannibales décérébrés qui pourchasse les promeneurs égarés pour en faire leur repas, et dont l’un des fils est armé d’une tronçonneuse pour agresser ses victimes, ouais, on est bien dans une copie conforme de MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE.

À la différence près qu’ici, rien n’est pris au sérieux, et qu’on va très loin dans la créativité, surtout quand il s’agit de tourner en dérision les clichés habituels du slasher. Avalanche de gags, et bon gros délire gore qui tâche au programme.


Je ne sais pas si c’est l’originalité du pays de production et son langage amusant, ou bien le manque de renouveau dans les slashers d’aujourd'hui, mais ce CHAINSAWS WERE SINGING arrive comme un vent de fraîcheur, une revisite bienvenue des plus grands classiques du genre, avec ce supplément d’âme propre aux petites bobines indépendantes, faites

avec amour et beaucoup de débrouillardise, par leurs créateurs.

Le réalisateur derrière celui-ci, aura d’ailleurs mis du temps avant de proposer cette version finalisée, objet filmique non identifié, qui mélange les codes du slasher, à la comédie musicale et à la parodie de mélodrame mielleux. Le bonhomme est à la réalisation, mais aussi à l’écriture du script, et aussi la co-production, un véritable homme-orchestre, qui s’est entouré de ses proches pour peaufiner son œuvre.


Et le résultat est un énorme délire jubilatoire: personnages hauts en couleur et attachants (bons comme mauvais), gore qui tâche, humour noir et blagues de mauvais goût, dans un déluge d’hémoglobine et de tripailles, où se mêlent habilement l’absurde et le dramatique. Une sorte de parodie assumée, croisement improbable entre les Monty Python et le Peter Jackson des débuts. À ce propos, la comparaison avec BAD TASTE n’est pas tirée par les cheveux, on retrouve les mêmes éléments que ceux qui ont fait la réputation du réalisateur néo-zélandais à ses débuts. On ne peut que souhaiter à Sander Maran la même success story.


Bien que la durée du film approche les deux heures, on n’à pas franchement le temps de s’ennuyer, il ne souffre d’aucun temps mort, l’attention du spectateur est constamment requise, tant les fulgurances narratives et péripéties sont inattendues.

Entre deux chansons sur les bienfaits de la consommation de viande humaine, ou sur le fait de positiver même quand on se fait découper les pieds à la scie (et ce n’est ici qu'un échantillon), on a le droit à du mélodrame digne des novellas les plus stereotypées, quand on ne nous sert pas des pitreries burlesques à en faire rougir Art le clown de TERRIFIER. Car oui, on est tout de même dans un film d’horreur à ne pas mettre devant n’importe quel public, les scènes de meurtres sont assez imaginatives en plus d’être très graphiques, la couleur du sang tendant vers le rose bonbon et les réactions des victimes, nous rappelent toutefois qu’on est devant une comédie, une comédie gore bien sur.


CHAINSAWS WERE SINGING est en définitive un gros délire hystérique, excessif, dans le genre comédie musicale gore, à la frontière entre le splatter movie et la rom-com nanardesque.

Une démonstration de cinéma Do It Yourself, qui a énormément de tendresse pour ses personnages, et dont on sent que l’équipe du film y a mis du cœur, en faisant avec les moyens du bord.

L’amateurisme de la pellicule pourra en rebuter plus d’un, mais une fois séduit par la générosité et la sincérité de cette proposition de renouveau du slasher, on ne peut qu’adhérer à de telles idées de mises en scène. Il s’en dégage une bonne humeur contagieuse, due à l’inventivité folle du réalisateur et à son amour non dissimulé pour le cinéma d’exploitation.

Cette œuvre a tout pour devenir culte.


Toutes mes critiques de film sont à retrouver sur ma page Facebook Terreur Indicible

Terreur-Indicible
7

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2026

Créée

le 28 avr. 2026

Critique lue 33 fois

Critique lue 33 fois

D'autres avis sur Chainsaws Were Singing

Chainsaws Were Singing

Chainsaws Were Singing

6

LittleSparrow

1290 critiques

Pas si Maran

Premier long métrage de l'estonien Sander Maran à l'écriture, devant et derrière la caméra, bref, un homme orchestre dont j'ai moyennement apprécié la partition.C'est cheap, une sorte de parodie de...

le 26 nov. 2025

Du même critique

Lost Media

Lost Media

7

Terreur-Indicible

88 critiques

Critique de Lost Media par Terreur-Indicible

ATTENTION.LE CONTENU AUQUEL VOUS ALLEZ ÊTRE EXPOSÉ EST UNE FICTION. RIEN DE CELA NE PEUT VOUS NUIRE.VOUS ÊTES EN SÉCURITÉ.Nouvelle création Canal+, cette mini-série par les deux trublions Thimothée...

le 16 mars 2026

The Severed Sun

The Severed Sun

7

Terreur-Indicible

88 critiques

Critique de The Severed Sun par Terreur-Indicible

Une nouvelle perle à ajouter à la longue liste des films de folk horror modernes post-MIDSOMMAR.Après le meurtre d'un membre de sa communauté, la fille du pasteur voit sa paranoïa accroître tandis...

le 28 juin 2025

La Nuit des clowns

La Nuit des clowns

3

Terreur-Indicible

88 critiques

Critique de La Nuit des clowns par Terreur-Indicible

Un slasher avec des clowns tueurs, oh comme c'est original ! Mais est-ce que ça vaut le coup d'œil ?Une ado emménage avec son père dans une petite cité rurale, où l'on célèbre tout les ans Frendo le...

le 12 juin 2025