Mars 1915, troisième film chez Essanay, en deux bobines, soit une trentaine de minutes.
Charlot, éternel vagabond, se retrouve à s’inscrire à une compétition de boxe. Mais avant le match lui-même, il y a l’entraînement. Forcément, il y a des claques qui ne se perdent pas.
Trois actes découpent le film. Ceux-ci sont assez inégaux et on appréciera particulièrement le match. Encore que, si vous avez vu les Lumières de la ville, ce combat-ci sera moins percutant. L’entraînement est un peu longuet et joue sur le comique de répétition à partir d’une seule et même idée qui aurait gagné à être développée ou renouvelée. On est donc sur un pur slapstick comme à l’époque des films Keystone, à ceci près que le scénario est ici un poil (de moustache) plus élaboré. L’interprétation est nickel et on appréciera la présence d’Edna Purviance qui n’a, ici, pas le profil des demoiselles habituelles de Chaplin. La mise en scène est un peu statique mais joue astucieusement sur le hors-champ et sur le montage.
Donc ? Donc pas la poilade attendue mais il y a de bons moments. Tout ça manque de profondeur mais comme le suggérait Voltaire, il faut semer un grain pour produire un jour une moisson.
La scène qu’on retiendra ? Le combat forcément.