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J'ai beau ne connaitre que sa carrière hollywoodienne, je suis amoureux du style de John Woo : son amour pour les explosions, les étincelles et le verre brisé, le kung fu et les colombes en slomo, sa propension à sur-dramatiser sa mise en scène avec une sincérité et un sérieux qui flirt outrageusement avec le ridicule, mais sublime l'action avec panache et inventivité. J'ai un petit faible pour Broken Arrow, Volte-Face est l'un des grands chefs-d'œuvre du 7ème Art, et Mission Impossible 2 est le meilleur épisode de la série.
Si vous n'avez pas déjà quitté précipitamment cette critique, je vais parler de la première incursion du maître en territoire Yankee : Chasse à l'homme (Hard Target, en VO), avec l'indéboulonnable JCVD au zénith de sa carrière. On ne va pas tourner autour du pot : ce n'est pas le pire John Woo US, mais pas loin, et on est malheureusement bien plus proche de Paycheck que de Volte-Face.
Pourtant, tous les ingrédients sont là : les scènes d'actions explosives, un script simple et efficace, les colombes iconiques, le beau Jean-Claude cheveux aux vents au ralenti, et un beau duo de méchants : Lance *Millennium* Henriksen et Arnold *Imhotep* Vosloo, qui rivalisent de badasserie cartoonesque.
o o o
Durant toute sa première moitié, le film est drôle et divertissant, avec d'occasionnelles scènes de castagnes parfaitement réalisées et chorégraphiées. John Woo donne tout ce qu'il a pour transformer Van Damme en super héros classieux et charismatique, sauf que... le matériau de base n'a pas la qualité d'un Travolta ou d'un Cruise, et c'est plus rigolo qu'autre chose.
Il en résulte une bonne dose de comique involontaire chaque fois que le protagoniste est à l'écran, avec des plans ridicules où il en fait des tonnes, sous le regard éperdu de Yancy Butler (damoiselle en détresse interchangeable) dont la passion n'est pas du tout communicative.
Ca marche un peu mieux quand il met en scène les deux antagonistes, qui ne manquent jamais de scènes flamboyantes, de cadrages épiques et de regards incandescents, mais cela ne saurait sauver le film de l'aura de série B dont l'affuble son principal interprète.
Le dernier acte du film aurait dû être le point culminant de cette cavale sans issue et le moment où Jean-Claude nous montre ses talents de castagneur, mais à vouloir en faire trop, ne jamais mettre son héros en difficulté et donner à tous les gentils un bouclier déflecteur de balles, il tue le peu de tension qu'avait su instaurer le film. Loin du climax attendu, John Woo nous livre une grosse fusillade longuette et boursoufflée, ponctuée de quelques high kick sympathiques et de beaux morceaux de chorégraphies noyés dans un excès de balles contre des hommes de main anonymes et totalement inefficaces.
Si vous êtes aussi fan du style que je le suis, prêt à monter votre suspension d'incrédulité à 200% et à apprécier ce spectacle décérébré pour ce qu'il a à offrir, ça reste un bon moment de cinoche divertissant et sans prétentions, mais n'en attendez surtout pas plus.
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Créée
le 15 sept. 2025
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