Avant même de parler du film, impossible de ne pas évoquer mon expérience en salle. J’ai eu la chance de découvrir ce film dans un cinéma “à l’ancienne”, avec ses fauteuils usés et son ambiance rétro, bref, le lieu idoine pour savourer cette œuvre. Cela a son importance, car Hot Summer Nights lui-même nous plonge dans une époque passée, que vient d’ailleurs rappeler une scène dans un drive-in projetant Terminator 2: Judgment Day. L’immersion était totale.
Le scénario, certes, ne révolutionne rien. Mais ne vous arrêtez pas à ça : Hot Summer Nights vaut bien plus que son intrigue. Nous sommes en 1991, à Cape Cod. L’été devient capsule temporelle, entre années 80 et 90. L’ambiance, la photo, la bande-son : tout suinte cette époque, avec un soin nostalgique qui évoque Call Me By Your Name (dans un tout autre registre), déjà porté par un Timothée Chalamet aussi juvénile que magnétique. Il brille par la naïveté enfantine de son personnage, face à Maika Monroe, "femme fatale" tout droit sortie d’un rêve d’ado, et Alex Roe, "bad boy" à la croisée de James Dean et Clint Eastwood – version sixties, charmeur et dangereux. Même William Fichtner, en apparition éclair, imprime l’écran, clin d’œil appuyé à Boogie Nights dans une scène quasi-hommage. Et ce n’est pas un hasard : comme le film de Paul Thomas Anderson, Hot Summer Nights capte les excès d’une époque. Ici, la drogue remplace le porno, mais le vertige est le même.
L’histoire suit peut-être un canevas classique, mais Hot Summer Nights surprend par l’élégance de sa mise en scène et l’alchimie de son trio d’acteurs. Peu vu, mal noté, distribué en catimini (le mot est faible), il méritait pourtant bien mieux. Et sa note SensCritique ? À oublier.
Et si, après la lecture de cette critique, vous tombez sous le charme de la bande-son, sachez qu’une playlist Spotify existe (Hot Summer Nights – Music From and Inspired by the Film) pour prolonger l’expérience. Et elle vaut le détour, comme le film (vous l'aurez compris) !