Cheerful Weather for the Wedding, réalisé par Donald Rice en 2012, illustre tristement ce que le cinéma d’époque peut produire de plus vain : une coquille visuellement impeccable, mais désespérément vide à l’intérieur. Dès les premières minutes, il est évident que le film préfère soigner son apparence plutôt que d’engager son spectateur.
Sous couvert d’une nostalgie britannique feutrée, Rice déroule une intrigue atone, où les tensions psychologiques attendues se dissolvent dans des dialogues insipides et des scènes interminables. Le mariage de Dolly, censé être le théâtre d’émotions contenues et de regrets amoureux, devient un spectacle distant et anesthésié. Impossible de ressentir la moindre empathie : les personnages, à l’image de leur environnement, sont froids et désincarnés.
Felicity Jones, habituellement plus vibrante, semble ici bridée par un rôle mal écrit, enchaînant regards vides et gestes mécaniques. Quant à Luke Treadaway, il campe un amoureux frustré avec une mollesse qui frôle l’indifférence. Au lieu de créer une tension dramatique palpable, le film s’égare dans une succession de silences lourds... mais sans poids émotionnel.
L’élégance visuelle, certes présente — costumes, décors, photographie —, ne sauve jamais l’ensemble de son naufrage narratif. Pire, elle donne l’impression d’une œuvre qui se regarde faire, satisfaite de son vernis sans jamais se soucier d’offrir une véritable expérience cinématographique.
Au final, Cheerful Weather for the Wedding est une belle vitrine vide : prétentieuse, morne, et frustrante. Un film qui donne envie de fuir le mariage, mais aussi la salle de projection.
Note : 4,5/10, pour le soin esthétique uniquement.