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le 23 févr. 2017
SuivreBourrage des urnes
Précédé par quelque relent d'une polémique imbécile qui aura eu pour seul effet de braquer les projecteurs sur sa sortie opportune, Chez Nous n'est finalement qu'un soufflé qui se déballonne...
Lucas Belvaux fait preuve d'un certain courage, en sortant un pareil film politique en pleine campagne des élections présidentielles de 2017. Certes, il change les noms histoire de s'éviter des complications judiciaires, mais ne laisse que peu de doute sur qui est visé.
L'intrigue se déroule donc à Héniard, ersatz fictif de Hénin-Beaumont, le fief de Marine Le Pen depuis 2012. Pauline est une infirmière libérale excédée par le système. Elle est convaincue par un ami médecin de se présenter aux élections municipales pour le Rassemblement National Populaire, un parti d'extrême droite dirigé par la charismatique Agnès Dorelle.
Evidemment, Agnès Dorelle = Marine Le Pen, et ce parti est le FN de l'époque. Il est délicieusement ironique que depuis, le FN se dénomme Rassemblement National, le décalque devenant encore plus étroit !
En réalité, Lucas Belvaux ne livre pas vraiment là un film sur l'idéologie politique. C'est d'abord un film sur le Nord populaire : ses villes pauvres et ses rues de briques tristounettes, son économie en déclin, sa population vieillissante, l'insécurité... Bref, un véritable terreau pour l'extrême droite.
Ensuite, c'est un film sur le fonctionnement d'un parti qui se veut révolutionnaire. Comment convaincre une jeune femme de devenir tête de liste pour eux. Comment lui dire qu'elle peut tout changer, alors qu'elle n'a en fait la main sur rien, servant de caution à la grande patronne adulée.
Enfin, "Chez nous" évoque la stratégie dédiabolisation du FN. Tiraillé entre d'un côté ses pseudo-milices violentes (dont un facho pas très malin joué par Guillaume Gouix), de l'autre ses têtes pensantes aisées qui clament un discours épuré (un médecin filou incarné par André Dussollier).
De bonnes idées donc, bien portées par les comédiens. Dont en tête Emilie Duquenne, partie vraiment trop tôt. Je regrette simplement que tout ne soit pas toujours exploité à fond. Néanmoins le volet le plus intéressant, le fait de convaincre la protagoniste de s'engager en politique, est heureusement le mieux traité.
Le final parait quant à lui un peu abrupt, et peu vraisemblable. Mais dans l'ensemble il s'agit d'une peinture pertinente du fonctionnement du FN/RNP/RN (rayez la mention inutile).
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il y a 3 jours
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le 23 févr. 2017
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