Chicken Little
4.8
Chicken Little

Long-métrage d'animation de Mark Dindal (2005)

J’avais vu Chicken Little il y a fort longtemps, dans une qualité exécrable (toute l’image était sursaturée et les sous-titres en cyrillique), ce qui m’avait laissé un arrière-goût de « mouais ». Profitant de mon abonnement à Disney +, je me suis dit que c’était l’occasion de se refaire un avis. Un vrai. Et que dire à part que ce film est un gros point d’interrogation.


Mais qu’est-ce qui est passé par la tête des producteurs et de l’équipe de réalisation pour pondre un truc pareil ? Y’a rien qui va.


Déjà, techniquement, c’est pas ouf. Ca manque de finitions, le design des persos est soit basique au possible, soit affreux ; on est clairement sur du bas de gamme torché entre deux réunions marketing.


Ensuite, l’univers est incohérent. On nous présente une communauté d’animaux anthropomorphes qui vont voir Indiana Jones au cinéma (avec les vraies images, en plus), qui font des références à d’autres films Disney (Aladdin, Le roi lion), ainsi qu’à des chansons de notre monde (Queen, les Spice girls…), donc des humains. Ca n’a pas de sens. Soit le monde entier est peuplé d’animaux qui marchent sur deux jambes et qui parlent, soit l’Humanité est toujours là et les autres animaux se comportent comme des animaux. La fusion des deux ne fonctionne que s’il y a quelque chose qui l’explique (Qui veut la peau de Roger Rabbit ?). Or, là, y’a zéro explication.


Surtout que vient s’ajouter à cela l’incohérence du comportement des personnages. Tout le monde (à l’exception de ses trois amis) est odieux avec Chicken Little au prétexte qu’il a provoqué quelques dégâts en ville. Sauf que lesdits dégâts ont été provoqués par les adultes qui se sont mis à paniquer comme des veaux sans prendre le temps de vérifier le pourquoi du comment avant. Ils le piétinent tous allègrement, au-delà de tout sens logique, et, pire que tout, son propre père ne prend pas sa défense. On parle d’un môme, crotte ! Un gamin de dix piges qui tient dans le creux de la main, pas d’un adulte qui a de hautes responsabilités et dont les décisions peuvent affecter la vie de tous les habitants (à noter que personne ne reproche rien au maire qui est un incompétent notoire). Et revenir encore sur cette évènement un an plus tard, en en faisant un film qui plus est, c’est vraiment le summum de la méchanceté gratuite. De la même manière, la réaction des antagonistes est totalement disproportionnée par rapport à la raison de ce comportement.


Je fais une petite parenthèse sur le match de baseball qui permet de redorer le blason du gamin pour pointer du doigt le fait que ce film n’a pas vraiment été pensé pour l’international. On parle tout de même d’un sport qui, en dehors du continent nord-américain, est finalement assez peu répandu. Il n’est pas inconnu, mais simplement si peu pratiqué que la grande majorité des populations non-américaines n’en connaissent pas les règles. Perso, j’ai cru comprendre grâce à Samurai Champloo qu’avoir un tout petit espace entre la batte et la base est un gros avantage car il est quasi impossible pour l’adversaire de marquer des points (je suppose que la balle doit passer en-dessous). Mais pour le reste, j’y connais que de chique. Or, cette scène dure un temps monstrueux et tout l’humour et le suspens se jouent justement sur ces règles dont on ignore tout. Typiquement, ce passage a le même souci que la suite de Monstres et cie, qui se base sur le système des fraternités des campus universitaires américains qui n’existent pas en France.


En bref, c’est moche, incohérent et incompréhensible, malgré un personnage principal attachant et plein de ressources. Une catastrophe énigmatique.

NicodemusLily
4
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le 20 mars 2022

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NicodemusLily

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