En 2000, je découvre Chicken Run dans une grande salle d'un cinéma d'Alsace. A Wissembourg ou Brumath, je ne me souviens plus ; pourtant je me rappelle encore de cette séance : rentrer dans la salle déjà éteinte alors que le film vient de commencer.
Un début inquiétant, sombre.
Je revois le film plein de fois en VHS à l'appartement avec mon frère et des copains de l'école primaire. Je le montre sûrement à ma petite sœur quand elle est assez grande pour le voir - il faudra qu'elle confirme.
Au lycée, je tombe sur un type fan de Chicken Run qui devient mon meilleur ami de l'époque. On échange des répliques constamment ; on revoit le film en secret après l'extinction des feux à l'internat ; on se réveille avec la musique du film.
Pendant les études, je tombe sur un autre fan et ce mec devient mon coloc.
La sortie de la suite a été une grande fête, une double-séance sur le projecteur domestique, réunissant ces deux ères de ma vie.
Il y a la musique époustouflante, l'intelligence émotionnelle, la sincérité avec laquelle Nick Park et Peter Lord s'attaquent à leurs thèmes ; il y a la galerie truculente de personnages, le talent de l'adaptation française dans le texte ou dans les voix, qui font de Chicken Run, cette fable libertaire comme le décrit L'Huma, un sommet d'émotions.
Aujourd'hui, revoir Chicken Run, ce film si précieux à mon cœur dans une salle remplie d'une centaine de spectateurs, la plupart tout petits, avec des gens qui me sont chers, résonne particulièrement fort.
Faire vivre ce film, l'expérimenter à nouveau en public, entendre les réactions des enfants, représente une joie immense.
Je souhaite à tout le monde d'avoir un film qui devient un petit-bout-de-soi. Aujourd'hui, je sais que s'il vient à être partagé, cela vous réchauffe le cœur.
Vive Chicken Run. Vive le cinéma.