Énorme déception que ce Chien 51 ! Le projet présentait une promesse de taille pour un blockbuster français, à savoir un pur thriller de science-fiction. Voir un studio bien de chez nous débourser une telle somme – près de 42 millions d’euros ! – pour un genre cinématographique aussi peu représenté dans nos contrées, autant dire que la proposition ne pouvait être qu’alléchante. Surtout avec Cédric Jimenez à la réalisation (BAC Nord, Novembre), assurant une mise en scène nerveuse et musclée pour garantir le spectacle. Mais non, Chien 51 est un rendez-vous plus que loupé, et ce à bien des niveaux… Certes, le décor que dresse le film – un Paris dystopique – est plutôt concluant, aussi bien dans les effets pratiques que numériques. Et comme pour ses précédentes réalisations, Jimenez n’a plus besoin de prouver qu’il sait gérer les séquences d’action. De plus, je dois avouer que certains aspects SF ont plutôt bien fonctionné sur moi, ne serait-ce que ces hologrammes qui visualisent les crimes ou encore l’horrible jeu télévisé. Par contre, j’ai beaucoup à redire sur le casting, peu convaincant, chaque personne donnant plus l’impression de réciter son texte qu’autre chose – hormis Artus et parfois Gilles Lellouche, dont le naturel revient de temps à autre. Louis Garrel, par exemple, c’était vraiment compliqué de le regarder jouer aussi machinalement! Sur la mise en scène de manière générale car, si l’action s’avère brutale, le reste du métrage souffre d’une platitude qui dévitalise l’ensemble. Le montage également, qui donne l’impression de passer du coq à l’âne bien trop souvent, offrant au film un rythme assez bâtard, voire même schizophrène – moment posé puis BOOM action, fusillade et course-poursuite ! Mais c’est surtout du côté de l’écriture que Chien 51 pèche le plus. Non pas que je connaisse le livre d’origine, je ne ferai donc pas l’affront d’en faire un comparatif – alors qu’apparemment, il y a des choses à dire sur le dénouement. Cependant, j’ai trouvé que le film de Jimenez avait tout simplement été torché question scénario. Et pour cause, l’ensemble ne prend jamais le temps de travailler ni ses personnages – véritables clichés ambulants – ni leurs relations. Comme cette simili romance naissante qui ne sort d’on ne sait où. Même pas de creuser l’univers qu’il met pourtant en avant, délaissant tout message social et politique au profit d’une intrigue d’IA tout ce qu’il y a de plus banal… ou de séquences kitchs pouvant être gênantes (la scène du karaoké). Bref, Chien 51 a beau avoir un bel emballage, le titre est une coquille vide. Un « shell without ghost » qui parvient à me faire prendre du recul sur le fait que j’étais déçu de ne pas avoir pu le voir en salles. En voyant le résultat, autant dire que le regret s’est vite évaporé !