Chien 51
5.2
Chien 51

Film de Cédric Jimenez (2025)

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Le film semble vouloir dénoncer une forme de déshumanisation, mais paradoxalement il produit lui-même des personnages déshumanisés. On sent que Jimenez a peur du réel ou pire, il ne s'y intéresse pas.

Les personnages ne sont pas incarnés, mais affectés à des rôles scénaristiques. On ne sait rien d'eux, ils n'ont pas de passé, ils s'agitent dans des endroits complètement désincarnés, sans histoire, archetypaux. Le Paris futuriste est un décor géant que les personnages traversent comme ils auraient pu traverser le paris du 18e siècle.

Il ne faut pas se tromper, le cadre futuriste ne va rien nous apprendre sur notre présent (comme pouvait le faire un Mickey 17), c'est un vernis qui sert de caution esthétique.

La violence dans le film (caméra nerveuse, musique lourde, courses-poursuites, rupture de ton, montage rapide) sert surtout à impressionner et à créer du spectacle, mais ne raconte rien d’important ni sur les personnages ni sur le monde qu’ils habitent. Par exemple, les émeutes ne servent pas à parler de politique ou de révolte sociale, elles sont utilisées pour esthétiser une scène et gagner en intensité. On peut dire que chez Jimenez l’action passe toujours par l’affrontement viril, alors que dans un futur où tout le monde est identifié et surveillé, la violence serait plutôt insidieuse et technologique. Par exemple, la scène où un homme s’énerve contre les policiers au checkpoint n’est pas cohérente avec une société de contrôle total où ce genre de comportement aurait des conséquences immédiates (surveillance accrue, impact sur une note sociale, etc), ce qui montre que Jimenez n’arrive pas à penser la violence autrement que sous une forme viriliste. On a l’impression qu'il cherche à représenter le futur sans vraiment s’intéresser à ce qu'il se passe déjà aujourd’hui : dans certains pays comme la Chine, la technologie a depuis longtemps pénétré l’intimité des individus (comme en France, dans une moindre mesure).

Le film parle du contrôle, de la surveillance, des inégalités sociales et des dérives technologiques, mais il ne vise jamais de responsables humains ou politiques, tout est mis sur le dos d'Alma (on a déjà vu ça des milliards de fois ). En faisant de la technologie la seule coupable, le film, évite d’attaquer l’État, la police ou les concepteurs, ce qui rend sa critique inoffensive et abstraite, comme si accuser une machine permettait surtout de ne pas accuser le système.

Le jeu des acteurs est catastrophique. Dès la 1ère scène, Adèle Exarchopoulos est en sur-régime. Globalement les acteurs passent leur temps à crier, alors qu’on aurait attendu quelque chose de plus clinique, en accord avec un monde dominé par une IA.

Il y a un décalage entre ce que le film prétend montrer, une IA surpuissante et des drones sophistiqués et ce qu’il montre vraiment, des ennemis qui loupent leurs cibles, une ALMA qui à pas l'air d'être vraiment de partout.

Il y a une idée intéressante, c'est celle de l’ubérisation de la police avec des humains qui exécutent ce que dicte la machine et n'ont plus aucune expertise, comme des livreurs ou des chauffeurs sous algorithme. Mais le film ne va pas assez loin, il aurait été plus intéressant d’imaginer une police réellement plateformisée, faite de micro-entrepreneurs indépendants assermentés par l'état qui travaillent pour un acteur privé, plutôt qu’une police encore centralisée et classique. De toute façon, toutes les idées "futuristes" dans ce film sont déjà vues et largement inspirées d'autre film et jeux vidéos.

Je ne parlerais pas du scénario inintéressant, de la romance à deux balles et du dénouement complètement con.

Odenuum
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le 24 janv. 2026

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Odenuum

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