Après 2 très bons films (Novembre et Bac Nord) Jimenez reste dans le thriller policier/action, mais se tourne cette fois vers de la SF, ou à tout le moins de l'anticipation et il le fait bien. Ce Paris dystopique rend extrêmement bien visuellement, et semble même presque probable dans quelques décennies. Globalement l'ambiance visuelle est une réussite totale, Jimenez semble clairement s'inspirer du jeu vidéo (j'ai plusieurs fois pensé à Deus Ex pour l'ambiance) et arrive à transmettre à l'écran une ambiance assez malsaine, même dans les zones plus huppées de son Paris futuriste.
Les scènes d'actions ne sont pas en reste, dynamiques, très bien filmées, ce Chien 51 n'a rien à envier aux grosses productions américaines sur ce plan et ça fait plaisir de voir un réalisateur lorgner clairement de ce côté là.
Comme à chaque fois avec Jimenez le scénario est bien rythmé, l'intrigue globale se dévoilant au fur et à mesure, parsemée de quelques twists souvent bien sentis. Il garde aussi ses sujets fétiches, réflexions sur le pouvoir et ses dérives, sur les exclus de la société, etc. Chien 51 est bien mené et en plus nous fait réfléchir sur un avenir qui ne semble ni lointain, ni impossible. Le scénario, assez classique reste donc solide et suffisamment dense pour ne pas faire de Chien 51 un bête film d'action. Ajoutez à ça une BO très bonne, un casting solide qui répond présent et vous obtenez un très bon film, qui et c'est bien dommage, se loupe un peu sur la fin. Pas que celle-ci soit mauvaise, mais elle est trop précipitée et semble un peu facile au regard de tout ce qui s'est passé avant. Si bien qu'on a l'impression que soit Jimenez a manqué de temps, soit qu'il n'est pas allé totalement au bout de son idée et c'est dommage, car le film aurait pu être bien plus puissant avec une fin plus élaborée.
Mais il serait injuste de jeter le bébé avec l'eau du bain, Chien 51 m'a fait passé un très bon moment, divertissant, intelligent, il offre un grand spectacle et on ne voit pas le temps passer.