L'histoire de Chien de la casse est plutôt simple : dans l'écrin d'un village un peu paumé en France, l'amitié de deux potes d'enfance, comme cul et chemise, est mise à mal par l'arrivée d'une fille dans le village. Le taciturne Dog (Anthony Bajon) entame une relation amoureuse avec Elsa, mais c'est sans compter sur la jalousie du vrai mec qu'est Mirales (Raphaël Quenard).
D'emblée, on comprend que la relation entre les deux jeunes adultes est particulière : Dog et Mirales sont comme des frères, H24 fourrés ensemble, mais Dog semble clairement se faire bouffer par lui. Mirales reprend,rabaisse et donne des leçons ; Dog laisse faire, suit, ne dit pas un mot... Mais les apparences sont parfois trompeuses, qui a vraiment besoin de qui au final ? Derrière une carapace de caïd qui sait tout mieux que tout le monde, se cachent des blessures plus profondes, des doutes adolescents qui persistent.
Les acteurs portent à merveille le film. Le duo nous embarque dans cette histoire, sublimée par une photographie maîtrisée qui lui confère une subtile authenticité. Autant Raphaël Quenard est devenu la vraie coqueluche du cinéma français, autant Anthony Bajon est peut-être moins sous les projecteurs. Mais si pour le premier, c'est l'un de ses meilleurs rôles ; le second est tout aussi bluffant. Il est encore plus difficile pour un acteur de savoir faire ressentir le silence. Il arrive à vous broyer l'estomac dans certaines scènes qui peuvent mettre mal à l'aise, voire oppressent, tant elles sont crédibles.