Chiens perdus sans collier (1955)
Il s'agit d'un film en noir et blanc qui nous emmène dans le milieu de la justice pour enfants. Le scénario tiré d'un roman de Cesbron. Il est équilibré décrivant des situations tragiques et d'autres pleines d'espérance. La tonalité du film est crue, réaliste, montrant des milieux sociaux défavorisés et des situations familiales qui conduisent des enfants à commettre des actes délictueux. Cet aspect est bien traité et est particulièrement intéressant. Le juge n'est pas complaisant, il est amené à prendre des décisions difficiles mais il n'est pas insensible au sort des enfants. Le film est très humaniste. Cependant la scène ou un avocat noir prend la défense d'un enfant est tout à fait édifiante vue d'aujourd'hui. C'est un témoignage surprenant de la mentalité il y a une soixantaine d'années. On suit donc le parcours judiciaire de trois jeunes délinquants : Francis, Alain et Gérard. On est forcément touché par leur situation difficile. L'interprétation est un point fort du film avec notamment les enfants qui sont très naturels, très spontanés et très touchants. Jacky Moulière est craquant dans le rôle de Gérard et Anne Doat est superbe dans le rôle de Sylvette. Il y a aussi l'immense Jean Gabin excellent dans le rôle du juge. Il donne beaucoup de richesse à son personnage qui a un métier difficile mais qui donne beaucoup de lui-même. Il est très sobre mais dégage beaucoup de sincérité et de conviction. La mise en scène est également relativement discrète, ne mettant pas en avant l'aspect spectaculaire des méfaits commis.