Chiens perdus sans collier, c'est l'histoire de gamins livrés à eux-mêmes, ou maltraités, qui n'ont d'autre choix que de commettre des délits, car il faut bien vivre, ou qui le font comme un acte de rébellion, révoltés par l'injustice de leur condition.
Et au milieu il y a Jean Gabin, un juge qui fait ce qu'il peut. Un peu méprisé par ses collègues ou par les policiers, car il ne s'occupe jamais que d'enfants, vivant sa profession comme un sacerdoce.
Le sujet est bon, le film l'est sans doute un peu moins. Il ne parvient pas à prendre aux tripes, la faute à une réalisation un peu trop classique qui ne déborde jamais, et à un jeu d'acteurs pas au top, et pas seulement chez les enfants (franchement, le surveillant qui emmène les enfants en camion, il joue à côté de la plaque).
Mais enfin, le sujet est bon, on l'a dit, et puis il y a Jean Gabin qui joue la fatigue de celui qui lutte sans jamais obtenir les résultats dont il rêverait. L'histoire, tirée d'un livre de Gilbert Cesbron (pas lu), fonctionne très bien : on suit trois histoires principales, traitées plus ou moins dramatiquement, avec des résultats plus ou moins bons de la part du juge, cela donne de la variété.
Jean Delannoy, réalisateur qui n'est certes pas un génie, savait manifestement choisir ses sujets. On lui doit d'ailleurs quelques beaux films, mieux réussis que celui-ci.
Mais enfin, Chiens perdus sans collier est un film tout à fait honorable.