10
le 18 sept. 2022
SuivreLes anges du péché
L’histoire (la vraie, celle qui fait entrer le réel dans le gouffre de la fiction) débute en 1904. William Mulholland, directeur du Los Angeles Water Department, et Fred Eaton, maire de la Cité des...
A la différence des polars "néo-noirs" reprenant les codes du film noir mais situés dans la période moderne, "Chinatown" se situe bien dans le Los Angeles de la fin des années 30, comme les classiques du genre. Et comme le laissent entendre son générique avec sa police rétro, ou la première réplique du film portant sur des persiennes "installées le matin même", Polanski accueille ce genre à bras ouvert !
On s'intéresse ainsi à un détective privé, engagé pour une banale affaire d'adultère, qui va mettre le doigt dans une conspiration autour des réserves d'eau de Los Angeles. Un scénario excellentissime, d'ailleurs largement salué par la profession, qui dévoile petit à petit une machination et des personnages troubles... tout en demeurant parfaitement compréhensible, ce qui n'est pas toujours le cas dans les films noirs... Tout va ainsi se dénouer dans un tourbillon qui deviendra de plus en plus sombre, jusqu'à un final d'une noirceur sans pareil.
Jack Nicholson est impeccable dans ce rôle de détective nonchalant au passé chargé, et dont les quelques valeurs morales vont être exacerbées par l'affaire. Outre Faye Dunaway en femme fatale classieuse, il y a l'idée géniale d'avoir embauché John Huston, qui a lui-même posé les bases du film noir, et qui incarne ici un homme d'affaire des plus nauséabonds.
Visuellement, Roman Polanski nous délecte. Si le réalisateur joue avec les ombres et quelques scènes nocturnes, "Chinatown" est bien souvent filmé sous une lumière éclatante, parfois crépusculaire, pour évoquer l'aspect désertique de Los Angeles. Mais aussi le fait que la vérité est sous nos yeux, et qu'il suffit de fouiller un peu pour la dénicher. Tout ceci à travers des compositions parfaitement découpées, avec plans somptueux et scènes mémorables à la clé, et une BO sobre mais inquiétante de Jerry Goldsmith.
"Chinatown" est en résumé un très bel hommage, qui se hisse sans mal (voire surpasse) les classique du genre.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de Roman Polanski, Les plus belles affiches de films, Les meilleurs films de 1974 et Les meilleurs films des années 1970
Créée
le 1 août 2020
Critique lue 124 fois
10
le 18 sept. 2022
SuivreL’histoire (la vraie, celle qui fait entrer le réel dans le gouffre de la fiction) débute en 1904. William Mulholland, directeur du Los Angeles Water Department, et Fred Eaton, maire de la Cité des...
10
le 6 oct. 2015
SuivreTous les fornicateurs/libertins/échangistes/politiciens d’expérience vous le diront : « Une c’est bon, deux c’est meilleur ! ». Riche de ce sage enseignement, c'est une critique non pas sur un mais...
7
le 9 déc. 2020
SuivreVisiter l’Amérique et y tourner ne suffisait pas à Polanski : se frotter au mythe du Nouveau Monde impliquait aussi d’aller investir les terres, au propre comme au figuré, de sa mythologie. De retour...
7
le 29 sept. 2022
Suivre« Athena » semble avoir divisé son public. Entre ceux qui y ont vu enfin un film français flamboyant à la mise en scène ambitieuse, et ceux qui ont pointé du doigt un film vide de sens, destiné à de...
7
le 29 mai 2023
SuivreA travers cette histoire d'orpailleur vagabond harcelé par les Nazis, Jalmari Helander livre un hommage assumé au premier Rambo, dont il reprend la structure narrative. Ici, notre homme est un ancien...
2
le 30 juil. 2021
SuivreEn 2001, alors qu'il fait la promo de "Replicant", Jean-Claude Van Damme est invité sur un plateau télé français. Il expose, dans un franglais plus ou moins cryptique, les principes de ce qui...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème