Par le pus grand des hasards, je retombe sur Christine. Il s’est probablement passé plus de 20 ans depuis la dernière fois que j’ai vu ses enjoliveurs. Dans mon souvenir, ce n’était pas mon Carpenter préféré mais je ne me rappelais plus pourquoi. Maintenant je sais. On tient là une des meilleures adaptations de Stephen King, si ce n’est la meilleure. Christine est une voiture, une somptueuse Plimouth de 1958 (c’était la minute auto-moto). Elle est très attachée à son propriétaire et tient fermement à ce que cela soit réciproque. Autant dire que l’heureux possesseur du bolide n’a que peu de place pour une conquête féminine dans sa vie. Et quand elle n’est pas contente Christine, elle fait couler le sang. La scène d’ouverture est un petit bijou de ciné fantastique et augure tout le bon que l’on trouvera dans le film. En une scène, on saisit le personnage et son caractère d’acier et de chrome. Car l’héroïne c’est elle. On appréciera cette ambiance surannée du teen-movie à la Grease. Le récit est bien mené et c’est très progressivement que le propriétaire de la belle va glisser dans la folie. Les scènes d’action sont spectaculaires à souhait et les effets spéciaux sont à l’ancienne, comme j’aime (la scène de reconstruction est à ce titre fabuleuse). On notera ici et là quelques plans sublimes et tout droit sortis de l’enfer. Au final, ce triangle amoureux dysfonctionnel est tout à fait crédible. On tient donc un très bon film fantastique qui ne souffre pas des années passées, au rythme tendu, aux effets ciselés. Alors en effet, ce ne sera pas le meilleur Carpenter pour celui qui aime son cinéma bis décalé et assumé car il manque les petits ingrédients mystères qui font le charme de ses réalisations d’alors. Un film fortement conseillé néanmoins.