Adapter son propre court en long-métrage n’est pas synonyme de réussite, tant souvent la brièveté sied mieux à certains sujets, aux développements superfétatoires. Tel n’est pas le cas de Christy and his Brother qui suit le destin individuel d’un garçon de presque 18 ans, qui a passé sa vie dans des familles d’accueil, depuis la mort de sa mère, mais qui dresse aussi un portrait sensible et chaleureux de la rudesse de la vie dans le quartier nord de la ville de Cork, en Irlande. Le film de Brendan Canty appartient à coup sûr au registre social, façon Ken Loach, âpreté mélangée avec une bonne dose de tendresse et une grosse louche d’humour. La peau est rugueuse depuis l’enfance sur ce territoire défavorisé et il faut bien cela pour survivre, en évitant les pièges de la drogue, de la violence et des mauvaises fréquentations. Le jeune Christy a des choix à faire, avec le fantôme de sa mère qui plane, un demi-frère maladroit et protecteur et de nouveaux amis parmi lesquels il doit faire le tri. Si Christy and his Brother obéit à certaines conventions d’un genre de cinéma déterminé, il le fait avec talent et profondeur, nous cueillant soudainement, au détour d’une scène, et faisant jaillir une émotion intense, bien plus forte qu’un uppercut.