Jack Bender tente un pari audacieux : enfermer l'anarchie pure dans le carcan rigide d'une académie militaire. L'idée de transposer le slasher dans ce milieu étouffant est sur le papier un coup de génie. Le visionnage de Child's Play 3 bénéficie d'une mise en scène qui sait exploiter cette rigueur martiale, trouvant son apogée esthétique dans un climax poisseux à souhait. Brad Dourif, fidèle au poste, insuffle une fois de plus un cynisme féroce à la poupée tueuse, sauvant les meubles face à un casting d'une fadeur abyssale. En effet l'écriture de Don Mancini s'enlise rapidement dans des stéréotypes usés jusqu'à la corde qui empêchent de s'investir émotionnellement.
Cependant, au-delà de ces facilités scénaristiques flagrantes, c'est un choix très précis effectué en coulisses qui explique le basculement étrange de la saga à partir de cet opus, sacrifiant petit à petit la tension au profit du registre grotesque. Que s'est-il réellement passé lors de la mise en chantier expéditive de ce troisième volet ?
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