"Saboteur" reprend le concept très hitchcockien de l'homme innocent accusé à tort. En l'occurrence, un travailleur d'usine, pris pour un saboteur par les forces de l'ordre, qui devra trouver les vrais espions pour prouver son innocence. Le film fait même penser à "North By Northwest", avec une cavale, un couple initialement assorti sous la contrainte, un réseau d'espion, et un final sur un grand monument américain !
"Saboteur" n'est pas le film le plus palpitant de son réalisateur, loin de là. Il n'est pas non plus le plus subtil en terme de propagande ("Lifeboat" était davantage intéressant).
Mais il s'agit d'un divertissement tout à fait convenable, porté par des acteurs très corrects. Et surtout, le film est chargé en ironie. Des panneaux publicitaires et des titres de livres qui semblent glisser des message aux protagonistes. Un système policier perçu comme agressif et antipathique, qui n'inspire aucune confiance. Des traîtres qui sommeillent un peu partout, généralement là où on l'attend le moins. Finalement, les seuls alliés se trouvent parmi les marginaux !
Sans compter une séquence amusante de mise en abyme dans une salle de cinéma. Un plan osé sur le SS Normandie, qui avait brûlé seulement quelques semaines avant la sortie du film (un sabotage était alors soupçonné). Et une utilisation adroite de la statue de la liberté, symbole évident des valeurs défendues par nos héros !