En plus d'être un agréable moment passé entre amis autour d'une bonne quichasse, le Mignon Cinéma Club est surtout l'occasion de se confronter aux plus gros monuments du 7ème art. Consacré pendant de nombreuses années comme le meilleur film de tous les temps, 8 de moyenne sur SensCritique et 4.2/5 sur le site concurrent, suis-je un bel et sombre enfoiré si je n'aime pas le film ?
Séance d'intello : j'ai dû faire des recherches
Plus qu'une confrontation David vs Goliath, la séance est aussi l'occasion de remettre en contexte un film de plus de 80 ans.
A la fin des années 30, Orson Welles est un génie pluridisciplinaire. Après avoir connu le succès au théâtre, il fait un énorme buzz en interprétant La Guerre des Mondes de H.G. Wells à la radio, replaçant l'arrivée des aliens dans le New Jersey. Les auditeurs paniquent et croient à une véritable invasion. A cette époque, tout ce que touche Orson devient de l'or. Orson Welles, c'est comme Squeezie, sans sponsor NordVPN mais avec du talent.
Ses sponsors, il va les trouver du côté de RKO Radio Pictures qui décèle la pépite. Les producteurs vont lui proposer de réaliser son premier film avec totale carte blanche. Réalisation, scénario, final cut, le mec joue à domicile et est accueilli comme un roi. Ainsi est né Citizen Kane.
Là pour tous les choquer
Tout au long du film, on ressent l'envie de bouleverser un art, marquer son temps avec un maximum d'idées. Jeux de lumière, de perspectives et trompe l'oeil, Orson le magicien en met plein la vue. On retrouve déjà son grand amour pour les miroirs qu'il magnifiera dans La Dame de Shanghai et qui sont encore utilisés et référencés en 2025 (cc Resurrection).
Ce qui a surtout frappé les mignonneries, c'est l'actualité du sujet. Bien qu'il date d'il y a 80 ans, l'époque n'a pas tant changé. Manipulation des médias, montée des extrêmes sont au plat du jour. On s'en régale parce qu'on peut faire le parallèle avec les fake news de Trump, l'empire médiatique de Bolloré ou les promesses d'Hanouna envers son auditoire. Va-t-on faire les mêmes erreurs tant d'années plus tard ? 100% de mes lecteurs (8) sont des bobos wokes, cette critique ne sera jamais un coup de pied dans la fourmilière...
Cet engagement politique est si central au film que William Hearst, se reconnaissant dans le personnage de Kane, a tout fait pour que le film ne sorte pas.
Ce que j'aime personnellement, (parlons de moi un peu, les autres ça suffit) c'est la dimension que prend Welles. On vit une période de cinéma où le physique d'un acteur entre de moins en moins en ligne de compte. Tous les acteurs les plus connus actuellement ont un physique dans la moyenne ou sont généralement petits là où on peut trouver des John Wayne (1m93), James Stewart (1m91), Cary Grant (1m84) et donc Orson Welles à 1m83 mais surtout un physique impressionnant. De quoi donner un nouveau 5 de départ au Paris Basketball et nous sortir du cauchemar de cette saison. Cette dimension permet surtout à un personnage de s'imposer et de montrer sa supériorité avec des effets de mise en scène.
Moi qui pensais essuyer quelques rejets suite à ce film, il a finalement fait l'unanimité grâce à son actualité. Il reste cependant un bémol partagé par l'audience: le manque d'émotion. A aucun moment on n'est vraiment attaché à qui que ce soit du film, ce qui pourrait nous faire encore plus accrocher. Ayant un grand coeur tendre d'artichaut (que pour les films visiblement), j'ai souvent besoin d'être investi émotionnellement pour donner à un film le titre ultime : banger.
On passe aux mim's d'or !!!
Pour rappel, les mim's d'or sont décernés à un détail, un objet, une scène que les mignonneries ont aimé dans le film. Pêle-mêle :
- Le perso tout entier de Bernstein, ses mimiques, ses gaffes mais aussi sa GIGA chaise dans son bureau
- La scène de l'arrivée à l'Inquirer avec l'ancien rédac chef
- La rédaction d'une critique enfin transparente sur un opéra un peu bancal
- La mise en scène d'une passation entre deux journaux, mixant reflets, cadre photo et soirée exubérante.
On enchaîne le mois prochain avec Chantons sous la pluie pour se battre contre la grisaille de janvier !! Stay mim's.