En allant voir Civil War, je partais de zéro, je n'avais vu que l'affiche, ni bande annonce, ni extraits. J'ai donc été assez surpris par le début, car je ne m'attendais pas du tout à ça. On est plongé, presque de façon documentaire dans le quotidien des photographes de guerre
Alex Garland a réussi à capturer cette ambiance particulière grâce à une mise en scène est très immersive, surtout dans la scène finale à Washington qui nous situe vraiment au cœur de l'action.
Ce qui est un peu déroutant, le parti pris du réalisateur de rester dans un contexte politique très flou. Ici, le choix est clairement de nous montrer une dystopie froide et glaçante, et c'est tout.
Le (tout) petit bémol concerne selon moi les effets sonores: ils m'ont parfois un peu sorti du film. Je pense que l'intention était de rendre le tout plus empathique, mais pour moi, ça n'a pas toujours fonctionné et ça cassait un peu l'immersion.
Le film nous tient volontairement à distance de ses personnages. On peine à ressentir de l'empathie, car on ne sait presque rien d'eux. Mais ce n'est pas une faiblesse, c'est le sujet même du film : nous faire éprouver la bulle et la froideur nécessaires à un reporter pour survivre à l'horreur.
On en sort secoué, non seulement par la violence, mais surtout par la froideur dérangeante avec laquelle elle est documentée. L'œuvre agit comme un miroir terrifiant de notre époque, nous forçant à réfléchir au rôle des médias, à notre propre rapport à l'image et à la fragilité de ce que l'on croit acquis. C'est un film qui résonne encore après le générique de fin.