Rebecca Hall fait son petit film en noir et blanc comme on jette sa carte de visite estampillée "Réalisatrice indépendante". Et pour un premier film, c'est bien relativement bien emmené par le trio Tessa Thompson ( pleine de sensibilité ) Ruth Negga ( ambiguë à souhait, même si elle m'a un peu fatigué ) et Andre Holland (un peu soporifique aussi.) L'idée est plutôt bonne, avec son titre accrocheur, rien à dire sur le reste de la distribution non plus et sans quoi le film serait encore plus terne. Ils participent tous à cette ambiance molle, mollassonne. J'ai bien compris l'idée de jeter une sorte de torpeur dans ce film; Le Noir et blanc vaporeux, la musique jazzy, on flirte avec le dernier MANK, parfois, mais pas de quoi casser trois pattes à un canard après. C'est plutôt élégant, et la pesanteur du film a parfois du bon ! Vraiment ! Mais parfois, seulement. Le reste du temps, on s'ennuie. Ou peut-être aurait-il fallu dans ce cas plus appuyer le point de vue"sensitif" proposé au début avec audace, brio. Reste que l'on suit mollement l'histoire ensuite. La matière est trop légère, ou absente, ou trop de distanciation, que sais-je, mais le film m' a échappé. Mon attention s'est perdue à plusieurs moments, j'avais envie d'accélérer. Perso, ça m'a saoulé, et j'attendais que ça pousse un peu plus sur la fin autant que cela se termine.