A New-York, dans les années 1920, une femme noire à la peau claire rencontre une amie d'enfance, elle aussi noire mais qui s'est volontairement éclaircie la peau pour qu'elle paraisse blanche. Les deux femmes vont s'admirer en secret et désirer ce que l'autre n'a pas.
Excellente comédienne, Rebecca Hall réalise ici son premier film, avec l'aide notamment de Forest Whitaker à la production, et qui parle d'une histoire assez originale. On sent que la personne derrière la caméra sait comment diriger ses comédiens, et il faut dire que dans des rôles casse-gueules, Tessa Thompson et, surtout, Ruth Negga, y sont formidables. Car loin de représenter une face d'une même pièce, elles rêvent aussi de leur jeunesse passée, et quelque part, à cause de leur couleur de peau, de l'avenir. Ce qui explique sans doute le choix du personnage de Ruth Negga, qui a passé en quelque sorte la ligne (d'où le titre original), pour s'intégrer d'autant plus avec les personnes de couleur blanche. Le tout est filmé avec une certaine grâce, et l'image ici est au format carré en noir et blanc. On notera aussi la présence de Alexander Skarsgård, qui joue le mari raciste de Negga, qui ne l'aime qu'à cause de sa nouvelle couleur de peau.
On sent que c'est tourné de manière délicate, où chaque mot semble pesé, et c'est là que le bat blesse ; ça manque terriblement de vie, d'incarnation, comme si chaque respiration serait la plus belle qui soit. Et excepté les deux actrices principales, on ne peut pas dire que le reste de la distribution soit à la hauteur ; je pense en particulier à André Holland, le mari de Thompson.
Malgré ces quelques griefs, Clair-obscur montre que Rebecca Hall, qui ne joue pas dans le film d'ailleurs, est non seulement une actrice de talent mais désormais une réalisatrice à surveiller.