On n’est guère étonné de voir Martin Campbell à la mise en scène de ce film d’action qui sent bon les années 90 où des films comme « Rock », « Les Ailes de l’enfer » ou « Piège de cristal » attiraient les foules en masse. Et c’est d’ailleurs de ce dernier que se réclame « Cleaner ». On peut même avancer que c’est une copie au féminin et avec des thèmes plus contemporains qui ne cherche d’ailleurs pas à masquer cet illustre patronage. Le cinéaste à qui l’on doit certains bons James Bond (« Casino Royale » et « Goldeneye ») ainsi que le superbe « La Légende de Zorro » avec Antonio Banderas est un honnête faiseur qui nous réserve depuis quelques années des films de commande très oubliables (« The Foreigner », « Memory », ...) et parfois quelques bonnes surprises comme « The Protégé » il y a trois ans. Cette cuvée 2025 en fait partie dans ce qui reste simplement du divertissement du samedi soir en pantoufles et à l’ancienne.
Le cinéaste octogénaire demeure clairement dans les carcans de cette époque révolue niveau mise en scène (à quelques exceptions près) mais aussi déroulement narratif et ambiance générale. Il n’a pas vraiment évolué comme a pu le faire sur certains films son compatriote britannique Ridley Scott, du même âge. On peut dire que la réalisation est assez plan-plan, sans grande prise de risques mais tout de même professionnelle et correcte mais également que l’intrigue n’invente pas grand-chose puisqu’elle est presque copiée sur le film culte avec Bruce Willis. Il y a tout de même un rebondissement intéressant en première partie de bobine avec une mort clairement inattendue et quelques séquences spectaculaires qui ne cherchent pas à en rajouter pour en mettre plein la vue et devenir ainsi complètement improbables (on pense à l’une des vilaines qui explose dans la salle des machines pour un rendu surprenant). On sent cependant un budget limité que ce soit dans les décors ou les effets mais utilisé à bon escient.
Ce qui apporte du neuf dans « Cleaner », au-delà du fait que ce soit un personnage féminin et jeune qui tient tête aux preneurs d’otages (depuis une dizaine d’années c’est même davantage des femmes qui passent à l’action en mode girl power), c’est bien entendu les motivations des méchants. Certes, le thème de l’écologie n’est pas nouveau mais il est ici admirablement traité pour un thriller d’action. Bien sûr, il ne tient pas toute la place, on reste dans du divertissement léger mais lorsque les otages font leur mea culpa, on pointe bien du doigt la corruption institutionnalisée du monde au niveau de l’environnement et des énergies. Puis, en parallèle, le long-métrage aborde donc l’écoterrorisme dans ce qu’il peut avoir de bon mais aussi d’extrême, laissant une pointe de réflexion salutaire. Efficace, rythmé, court à défaut d’être transcendant ou révolutionnaire, voilà un film d’action sympathique qui fait le travail en mode old school.
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