L'idée d'un Die Hard vertical, 100% britannique et porté par une héroïne laveuse de vitres, avait de quoi séduire. Malheureusement, Cleaner se contente d'être une pâle copie, un exercice de style hollywoodien dont la référence au Piège de cristal de McTiernan devient vite un piège en soi, tant la comparaison est écrasante. Le film de Martin Campbell, pourtant doté d'un coquet budget, échoue à insuffler la moindre originalité à un canevas usé jusqu'à la corde. Tout y est : le building (celui de la compagnie énergétique Agnian) pris en otage, les terroristes aux motifs écologiques mal définis, et l'héroïne solitaire, Joey (Daisy Ridley), coincée à l'extérieur avec son seau et son harnais. La réalisation du vétéran néo-zélandais, auteur de GoldenEye et du magistral Casino Royale, reste propre et efficace, mais elle ne parvient pas à masquer l'essoufflement profond d'une formule que le scénario ne renouvelle en rien.
Pourtant, le film ne souffre pas d'un manque de moyens ou de talents devant la caméra. Daisy Ridley, en ex-militaire devenue nettoyeuse de vitres, assure son rôle avec un panache et une probité physique incontestables, portant littéralement le film sur ses épaules. Le problème réside dans le matériau même qu'elle doit défendre. Le personnage de Joey, doté d'un background à la fois surchargé (soignante pour son frère, vétérane traumatisée) et peu crédible, peine à convaincre au-delà de la simple posture. Pire encore est le traitement des personnages secondaires, réduits à des caricatures consternantes. Le frère autiste de Joey, Michael, présenté comme un petit génie du fan de super-héros (et porteur du marteau de Thor, détail d'une lourdeur insondable), relève d'une écriture paresseuse et d'un archaïsme attristant. Clive Owen, en éco-terroriste, est lamentablement sous-exploité, laissant le vilain principal à un Taz Skylar grimé en radical antihumaniste, aussi prévisible que son monologue.
Cleaner est l'exemple type du thriller qui « se laisse regarder » par défaut, sans jamais susciter d'adhésion ou de véritable tension. Il n'est ni assez mauvais pour être drôle, ni assez bon pour être palpitant, se contentant d'occuper l'écran avec une neutralité désarmante. Son parcours discret, sortie éclair aux États-Unis avant un atterrissage rapide en streaming en dit long sur son manque d'ambition et d'impact.