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Tout est calibré dans Close.
Des très beaux travellings sur des courses dans des champs de fleurs aux longs plans-séquences gorgés d'émotions et aux gros plans plein de yeux humides de larmes d'acteurs plus talentueux les uns que les autres. Tout est millimétré dans une chorégraphie parfaite. Toutes les étapes du récit d'initiation sont présentes, dans l'ordre, respectant une chronologie au cordeau, que rien ne vient troubler.
Et c'est bien là le problème. Pas de scène chaotique, inutile, désordonnée. Rien de déstabilisant, de nouveau, rien qui ne sorte du cadre donné. Dans ce film d'une heure quarante cinq, les étapes du deuil (comme celles du déclin d'une amitié d'enfance) sont toutes prévisibles, presque à la minute près. La résolution du conflit, à la fin du scénario, en est l'apothéose.
Dans toute cette efficacité, quelle part de liberté est laissée aux spectateurs et spectatrices ? J'ai ri et tremblé quand il le fallait, pleuré quand les séquences me l'indiquaient, mais je suis ressortie de la salle avec une impression de vide et de fadeur que les couleurs éclatantes des fleurs ne parviennent pas à combler.
Même le semi-regard caméra vers la gauche, quelques secondes avant l'écran noir, d'un personnage qui contemple métaphoriquement son enfance envolée et l'acceptation de cette disparition, ne nous ait pas épargné.
Il me semble qu'un grand film doit être un peu plus que ça.
Créée
le 14 nov. 2022
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