Si le film de Lukas Dhont semble faire la promesse de proposer un mélodrame intimiste très fort sur la tendresse et sur le deuil, ce dernier fonctionne surtout comme une désagréable injonction sur le spectateur. Aussi touchant puisse être le traitement d'une tragédie de la vie au cinéma, Close est surtout un film qui se croit bien trop malin sur sa capacité à susciter l'émotion. A la fois surchargé de pathos, malhonnête et saupoudré d'un scénario extrêmement creux, il n'y a finalement à retenir que ses perpétuelles tentatives désespérées de soutirer quelques larmes aux spectateurs par le fait d'exposer le malheur de ses personnages.
En 1h45 défilent les conséquences d'une amitié brisée, la mort d'un ami/fils et soulève la question de savoir comment continuer à vivre avec cette souffrance existentielle. Autant dire que dans ce tourbillon d'émotions, il en devient facile d'en oublier ce que cette dernière véhicule car finalement réduite à une manière quasi-robotique de communiquer et de se faire s'enchaîner les séquences. C'est en ne sachant même plus ce qu'il raconte que Close finit par réciter sa leçon tragique désincarnée là où justement, les bons mélodrames parviennent à surprendre dans leur rupture de ton. Pourtant, les trente premières minutes du film jouent sur des séquences bucoliques et construisent un superbe champ paisible à détruire.
Mais bien vite, cette rupture de ton créée par un deus ex machina des plus maladroit (bien trop prématuré et brutal) fera surtout comprendre que le film s'est véritablement arrêté à son premier acte et par conséquent, les situations du quotidien s'enchaîneront donc dans les mêmes lieux, avec les mêmes personnages, dans la même lenteur rythmique et la même lourdeur esthétique mais sans jamais avoir quelque chose à dire. Close pourrait faire entendre cette souffrance car il en a les moyens, penser un rapport sensible à l'émotion, se donner le temps de l'assimiler afin de mieux la retranscrire. Mais le public semble suffisamment aveugle pour se faire avoir, car c'est bien dans cette position que ce dernier est placé - comme bien d'autres films si prompt désormais à dégainer la facilité d'un engagement émotionnel a minima.
Si vous ne venez pas d'autres viendront, semble nous dire Dhont, et bien qu'ils y aillent.