Un film en deux parties très inégales. Le début est génial : cette relation entre deux amis d'enfance tellement proches mais que l'impitoyable monde du collège sépare. Les micro-drames qui s'y jouent prennent une ampleur colossale comme c'est le cas à ces âges et c'est parfaitement rendu par le cast d'enfants non-professionnels et par un montage et une caméra subtils. Ca aurait pu en rester là, on aurait pu développer ce fil et voir où ça les mène mais j'imagine que quand on produit un drame, on attend qu'il se produise un peu autre chose que des bagarres de cour de récré.
Alors on bascule dans le drame à plein pot (super scène de révélation au demeurant) avec l'indicible, le pire du pire : le suicide d'un enfant. Et c'est parti pour les colères, les larmes à table, les frustrations avec les parents, la culpabilité, les violons dans tous les sens et c'est franchement moins bien. L'émotion est anesthésiée par le côté ineffable du drame et puis parce qu'il arrive de manière assez gratos. La scène finale avec les pleurs dans la forêt, la course dans le champ de fleurs et le regard retourné face caméra constitue malheureusement une grave infraction.
Bon, reste que c'est quand même super bien joué (surtout Emilie Déquenne rip et le gamin du rôle principal), bien monté et magnifiquement photographié avec des couleurs absolument splendides qui font ressortir le bleu des yeux et le blond des cheveux du main bambin au milieu des tulipes.