Alice et François s'aiment et veulent officialiser leur relation en présentant les uns aux autres leurs parents respectifs.Gérard et Nicole Martin,les géniteurs du garçon,se rendent donc dans l'immense et luxueuse propriété viticole couronnée d'un château appartenant depuis des générations à la famille Bouvier-Sauvage,où ils sont reçus par Frédéric,le maître des lieux,et son épouse Catherine.L'ambiance est moyenne car l'aristocrate Frédo voit d'un mauvais oeil cette mésalliance avec les Martin,Gérard n'étant qu'un petit bourgeois concessionnaire automobile.Cependant les deux clans se rejoignent sur un point,leur chauvinisme et leur fierté d'être français qui leur confère une incontestable supériorité sur tous les peuples de la Terre.Hélas cette satisfaction va voler en éclats quand Alice,généticienne de métier,offre aux deux couples leurs tests ADN,qui vont révéler chez ces français irréductibles des origines surprenantes.Cette comédie a obtenu un certain succès,ce qui a abouti cette année à la sortie d'un "Cocorico 2",écrite et réalisée par le même Julien Hervé.A priori,l'association à l'écran de deux poids lourds,dans tous les sens du terme,de l'humour hexagonal semblait prometteuse.Voici donc Christian Clavier,la star du Splendid,et Didier Bourdon,la vedette des Inconnus,réunis au cinéma quinze ans après leur triomphe au théâtre dans "La cage aux folles",où le premier reprenait le rôle autrefois tenu par Poiret et l'autre celui où excellait Serrault.Du reste le début du film s'apparente à du théâtre filmé puisqu'on a globalement affaire à six personnes coincées dans un salon,ce qui aurait aussi bien pu se faire sur scène.On assiste donc à un vaudeville pas fin qui est toutefois la meilleure partie du métrage grâce au duel des deux monstres que sont Clavier et Bourdon.Le problème est que le producteur,SND-M6,s'est gourré de réalisateur.Hervé fait partie de cette noria de pseudos cinéastes comiques minables qui déferlent actuellement dans les salles,dans la foulée d'Olivier Baroux qui est en quelque sorte le parrain de ce mouvement informel brassant tout un tas d'incapables notoires mêlant les Piquet-Gauthier,Ben Lahcene,Quiring,Bourdiaux ou le redoutable duo Charlot-Magnier.Ceux qui imaginent que des Lacheau,De Chauveron,Delaporte ou De La Patellière sont des jeanfoutres n'ont certainement pas vu les oeuvres des pitres précités.Même les tocards des années 70-80,les Clair,Pécas,Besnard ou Gérard faisaient mieux,c'est dire.Hervé a débuté comme auteur et réalisateur pour les Guignols de l'Info,et il faut croire qu'il était plus fait pour les formats courts.En tandem avec son pote co-auteur des Guignols Philippe Mechelen,ici coproducteur,il est devenu scénariste de l'immortelle saga "Les Tuche" ou du regrettable "Astérix et Obélix:L'Empire du milieu",et ils ont tous deux co-dirigé l'immonde "Le doudou".Ce n'était donc pas l'homme de la situation pour concocter une comédie ambitieuse,ce qui se confirme tout au long de ce ratage conséquent.La mise en scène est gravement empotée et on se croirait dans un épisode de "Fais pas ci,fais pas ça",mais ce n'est pas le plus grave.Certains ont cru discerner dans cette histoire un discours réac,fasciste,et pourquoi pas nazi tant qu'on y est.Ceux-là devraient consulter d'urgence un psy,car c'est tout le contraire,le film étant un ramassis d'immondices anti-français.Les personnages sont des gros cons chauvins,racistes et plus ou moins alcoolos qui sont bien attrapés lorsqu'ils découvrent qu'ils ont tous des origines étrangères.A partir de là,ils vont être si choqués qu'ils vont vriller et s'assimiler à leur supposée culture originelle.Tout est organisé de manière si pataude et prévisible que ça en devient dérisoire,avec une montée en gamme des révélations qui se termine forcément par le dévoilement du protagoniste le plus snob et le plus fier de son identité,qui a forcément l'origine la plus exotique.Le marchand de bagnoles françaises qui déteste son concurrent Mercedes se retrouve à moitié allemand,sa femme serait lointainement apparentée à la famille royale d'Angleterre,la châtelaine apprend qu'elle est un peu portugaise comme sa bonne et son mari confit dans sa noble histoire familiale se voit affligé de sang cherokee.C'est grossièrement tissé,c'est balourd et c'est très con,avec en plus une deuxième partie plus aérée mais qui perd totalement le rythme et le fil de la narration pour se barrer en brioche avant une fin heureuse d'une profonde débilité.On a en outre droit à la promotion d'un de ces gimmicks post-modernes à la mode,l'ADN pour tous.Autrefois réservé aux enquêtes policières,cet instrument d'identification sert maintenant à tout et n'importe quoi,certains s'amusant à en faire des cadeaux impromptus et pas toujours bienvenus,la science à la portée des cons en somme.Et tout ça pour prouver quoi?Franchement,au bout de quelques millénaires,on se doutait un peu que nous sommes tous plus ou moins de sangs mêlés,ce n'est pas un scoop.Mais Hervé tenait à le clamer pour bien souligner que les mouvements identitaires seraient dans l'erreur,ce qui est faux.L'identité d'un peuple est certes déterminée par le sang,du reste les personnages du film sont majoritairement français,si tant est qu'une analyse sanguine puisse vraiment cibler des nationalités,mais elle résulte aussi d'autres facteurs tels que l'enracinement de longue date,la culture,la langue,la religion,pas besoin d'être cent pour cent "de souche" pour être d'un pays ou d'un autre.Mais voilà,il faut absolument combattre le sentiment national,c'est dans l'air du temps et au programme de la gauchiasserie généralisée.Bourdon et Clavier exécutent consciencieusement leurs numéros en gros boeuf de garagiste et en aristo fin de race aux prises avec de nouvelles données identitaires,alors que Marianne Denicourt et Sylvie Testud sont très effacées en châtelaine vacillante et en bécasse anoblie.Leurs enfants Chloé Coulloud et Julien Pestel,plus inspiré dans le Palmashow,sont eux d'une pitoyable insignifiance.Il y a peu de place pour les seconds rôles et on remarque à peine Patrick Préjean en père teuton refoulé,une des scènes les plus ridicules du film,et Philippe Vieux en gendarme dépassé.Note et critique de film de Julien Hervé publiées précédemment:"Le doudou"-1.Moyenne:2.