C’est un très médiocre western, malgré une belle séquence d’introduction et un final spectaculaire.
Au début, un guitariste traverse le marché de Durango, en jouant une jolie ballade mexicaine, parmi les étals et les calèches, suivi par des enfants, dans une ambiance très paisible, jusqu’à ce qu’un éclaireur indien embusqué s’empare brusquement d’une enfant et de sa poupée (poupée dont les cheveux sont faits avec des scalps d’indiens). Ce geste brutal qui fait sursauter au premier plan est celui d’une avant-garde qui annonce un raid meurtrier sur la ville, ce que fera la bande immense qu’on voit émerger des collines loin à l’arrière -plan...
L'avant-derniere séquence, avec des affrontements dans la plaine entre soldats et comanches révoltés, bien mise en valeur par le Cinemascope, est très réussie.
Mais tout le reste, entre ces deux séquences, est insupportable, y compris les acteurs : tant les premier rôles, que sont Dana Andrews et Linda Cristal, que tous les seconds rôles, sauf peut-être, pour nous amuser un peu, Mike Mazurski en indien géant mutique qui bat régulièrement au blackjack un éclaireur de l’armée prolixe et qui porte une perruque.
Les dialogues sont interminables mais le pire est la récurrence d'une chanson explicative qui surenchérit sur ce qu’on voit. Cette emphase sirupeuse est sans doute voulue, mais qui l’a imposée à George Sherman ? Ce n’est pas son style habituel.
Est-ce l’arrière-fond historique authentique qui pousse à boursoufler la narration ? Il est inspiré par les négociations qui existèrent vraiment entre l’armée et le chef comanche Quanah Parker, une figure importante des rebellions amérindiennes.
Il est connu dans l'Histoire comme le fils d’un chef et d'une blanche (Cynthia Ann) élevée depuis l’âge de 9 ans dans sa tribu. Mais les nombreux westerns qui traitent de sujets équivalents (notamment les films pro indiens qui précèdent celui-ci) ont su utiliser ce contexte de bien meilleure façon.
D’ailleurs, les relations entre Quanah Parker et l’armée furent dans la réalité historique plus compliquées et violentes, plus tortueuses, oscillant de la paix à la guerre pendant plusieurs décennies, alors que ce qui est suggéré ici est le cliché du chef toujours désireux de faire la paix malgré les bellicistes des deux camps.
(Notule de 2019 publiée le 9 décembre 2025).
Remarque du jour :
Une excellente BD de l'américain Jaxon est particulièrement documentée sur l'histoire de Quanah Parker : Comanche Moon.