Souvenir diffus datant d’une décennie, Hell or High Water (contre vents et marées, bien plus logique que la traduction Comancheria) me faisait du gringue de par le statut qu’à acquis son scénariste au fil des ans. Taylor Sheridan a en effet livré une vision violente et désillusionnée de l’Amérique au travers de ses œuvres, des deux superbes Sicario au polaire Wind River (qu’il réalise également), en passant par la totale consécration que furent la série Yellowstone et ses spin-offs attenants.


La sève de ses westerns modernes suinte dans tous les pores de Hell or High Water. Les classes populaires délaissées, victimes de la prédation capitaliste, doivent se faire justice elles-mêmes dans des environnements qui suent la misère et l’abdication. Et si ces désœuvrés doivent se phagocyter pour espérer mettre le pied dans la porte d’une société qui avance sans eux, qu’il en soit ainsi.


La quête des deux frères, celle d’un accès à l’American Dream qui leur a été volé par une banque rapace, peut de prime abord sembler proche de celle de Robin des Bois texans. On braque ladite banque pour mieux la rembourser par la suite, et en limitant la casse autant que faire se peut. On nous prend à parti, et dans le marasme, on finit par avoir le même air goguenard que le ranger vieux jeu (raciste par culture, mais pas par idéologie) incarné par Jeff Bridges qui voit ces malfaiteurs comme les types au bout du rouleau pas bien vilains qu’ils sont.


Sauf que dans une culture des flingues, de la violence, il est rarement bon d’acculer un individu sous peine de dérapage. C’est inéluctable, et ces types qui se faisaient eux même justice finissent par franchir le Rubicon. Adieu les intentions, le mal est fait. La faute à ce système délétère et carnassier qui pousse tout un chacun à bout.


Sorte de No Country for Old Men vidé de son absolutisme et de son humour, Hell or High Water pose un portrait peu rutilant du mouroir rural américain, où l’on préfère fuir les flammes déchaînées qu’espérer une quelconque intervention d’une société pourtant censée prodiguer.


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le 6 juil. 2026

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Frakkazak

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