C'est un peu le pendant, le complément des Galettes de Pont-Aven. Parce que Jean-Pierre Marielle y joue le même type de « français moyen » en pleine crise de la quarantaine et écoutant plus sa bite que son cerveau. Sauf que, si dans Les Galettes..., Joël Séria montrait une certaine tendresse pour cet homme qui quitte son train-train pour se réinventer une vie d'art et d'hédonisme, on est ici dans une satire (j'ai eu envie d'écrire satyre, vu le sujet), et le personnage est un beauf, un con fini, irrécupérable.
Pas que lui, d'ailleurs, tous les personnages étant, à leur manière, des cons. Obsédés par le cul, donc, mais aussi le pognon et tous les symboles de réussite, et quand bien même on trouverai dans un de ces monstres un peu d'innocence et de bonté (genre : le personnage de Dominique Lavanant), il finit immanquablement pas être lui aussi le jouet des mêmes travers que les autres... La beauferie est contagieuse.
Séria s'amuse à nous montrer ça via des décors et des tenues (les looks de Marielle dans ce film sont une ode au mauvais goût) qui, quand ils ne disent pas la morosité d'une vieille France figée, hurle leur vulgarité de pur produit de consommation. Une vulgarité qu'on retrouve aussi dans les dialogues, cousu main, pleins de répliques et de bons mots hilarants, mais reflets, toujours, de la bêtises des personnages.
Bref, un beau portrait de monstre(s), et une certaine idée de la France de l'époque, guère plus reluisante que l'actuelle. Et surtout, surtout, la preuve que Jean-Pierre Marielle est un acteur de génie.