Compostelle
6.3
Compostelle

Film de Yann Samuell (2026)

Je suis allé voir ce film au cinéma tout récemment. Ce qui m'a donné envie d'aller le voir, outre la présence d'Alexandra Lamy, c'est surtout le fait que ça se passe sur les chemins menant à Compostelle (mes parents ayant effectués ce pèlerinage il y'a une vingtaine d'années et mon père étant décédé il y'a quelques années... J'ai un rapport particulier aux films traitant de ce sujet, qui a été une expérience marquante dans la vie de mes parents). L'idée de juste "soutenir l'industrie du cinéma français" a aussi été une motivation pour aller le voir, mais dans une moindre mesure.


J'en suis sortie avec un sentiment mitigé...

D'abord il faut dire que je travaille dans l'Education Nationale, et que même avant ça, l'univers de l'adolescence et des associations et/ou de réhabilitation sociale de ce qu'on appelle "les jeunes des quartiers", c'est quelque chose que je connais bien. Il y'a donc beaucoup de choses traitées ici qui me sont déjà familières... Et Lorsque quelqu'un comme moi, déjà sensibilisé à ce genre de sujet, va voir un film comme ça, il y'a deux choses qui se passent...

D'un côté, il y'a une certaine "zone de confort" à être dans quelque chose qui confirme ce que l'on connaît déjà... Mais de l'autre, il y'a une certaine appréhension, un regard critique et même assez cynique voir dédaigneux vis-à-vis de ce qui pourrait nous apparaître comme des poncifs, des clichés ou même juste quand on sent qu'on veut nous "vendre un message" qu'on a déjà entendu plein de fois ou qu'on ne connaît que trop bien parce que c'est plus ou moins notre quotidien, tout simplement.

Ce film n'a pas échappé à rentrer dans la catégorie des nombreux autres films (et pas seulement français...) qui m'ont déjà fait ressentir ça, ces deux sentiments opposés que je viens d'évoquer.


Dans les choses qui m'ont un peu agacé...

il y'a notamment les scènes où le jeune Adam (interprété par Julien Le Berre) se met a rapper en "déclamant" des rimes bien pensées, bien structurées, dénuées de répétitions ou de la moindre erreur de vocabulaire, comme ça, du premier coup, sans filet... Alors qu'on entend clairement qu'un texte comme ça ne peut pas avoir été autrement que préparé et modifié plusieurs fois. Ou le coup des moines qui jouent de la rumba et l'accompagnent sur son rap...

Bref, j'aurais aimé un peu plus de vraisemblance, pour moi ce genre de fantaisie (qui relèverait presque de la comédie musicale sans jamais en être) me font vite décrocher.


Après, même si la plupart des acteurs jouent de manière assez juste dans ce film...

Il y'a cette scène où Paul, le personnage joué par Eric Métayer, s'énerve face à la juge... On aurait pu assister à quelque chose qui soit de l'ordre de la catharsis, on aurait aimer en tout cas plus de conviction, des paroles qui tapent plus juste et plus profondément. Est-ce que c'est la performance d'Eric Métayer à ce moment-là ? Est-ce que c'est plutôt le texte en lui-même qui ne tape pas assez, qui ne DIT pas assez ?...

Je ne sais pas mais en tout cas, j'ai eu un vrai sentiment d'occasion loupée, à ce moment-là du film. C'était peut-être nécessaire pour maintenir le spectateur dans le sentiment d'injustice qui accable les personnages à ce moment-là du film... Je ne sais pas. Après tout, il ne faut pas oublier non plus que ce film est basé sur une histoire vraie... Mais bon, je n'étais pas convaincu par ce passage-là du film.


Par contre, je dois reconnaître que ce film s'en sort particulièrement bien sur le plan visuel !

Il y'a certains plans et montages qui marquent...

Comme la scène où Adam fait des va et vient entre les lits superposés et où sur le plan d'après il fait la même chose entre deux pans rocheux, sur un chemin sablonneux... Comme pour faire comprendre au spectateur que son sentiment d'isolement, sa rage et sa frustration, reste le même... Qu'il soit sur les chemins de Compostelle ou enfermé dans son quartier. Ou bien la scène où ils sont embarqués tous les deux et où il y'a un gros plan sur cette statuette (chargée de symbole...), avec leurs silhouettes qui s'effacent petit à petit en arrière plan.

Mais surtout... Quels paysages ! Quels vues !

j'avais déjà vue, notamment le film Saint-Jacques... La Mecque, traitant du même sujet. Mais, à l'exception des passages oniriques mettant en scène Marie Bunel et Jean-Pierre Darroussin, je n'ai pas souvenir que les paysages m'aient autant saisies que dans ce film-ci (j'ai reconnu d'ailleurs, non sans émotion, certains des paysages que mes parents avait pris en photo...).


C'est donc un film dont les atouts et les inconvénients sont bien identifiés.


Mais son atout principal est une bonne raison d'aller le voir au cinéma plutôt que d'attendre sa sortie sur petit écran !

Créée

le 21 avr. 2026

Critique lue 7 fois

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