En 1971, lorsque la Hammer produit ce film, l'horreur au cinéma a été bousculée depuis la sortie de films comme "Rosemary's Baby" qui ont changé les codes de la peur à l'écran. Dès lors, les anciennes recettes gothiques de la Hammer sont quelque peu dépassées. Les superbes décors, la musique soignée, de bons interprètes, des thématiques gothiques anciennes ne suffisent plus à provoquer l'angoisse. Pour tenter de survivre, on rajoute une grosse dose d'érotisme jusqu'alors seulement suggérée mais cela ne suffit pas pour égaler le prestige des oeuvres antérieures de la célèbre firme anglaise. Une mode est bel et bien passée. Ce film, au scénario cocasse mais fainéant, se base vaguement sur les "exploits" de Elisabeth Bathory qui recherchait la jeunesse éternelle dans le sacrifice de jeunes vierges. Celle-ci est incarnée par Ingrid Pitt, belle et peu avare de ses charmes. Elle joue les rôles de la comtesse vieille et rajeunie, trompant son entourage en leur faisant croire à l'existence de deux personnes différentes. Le scénario est un peu fainéant car il ne comporte aucune surprise et aucune montée de tension, alors qu'il était assez porteur. J'imagine aisément ce qu'un Jimmy Sangster (célèbre scénariste de la Hammer) aurait pu en tirer. Peter Sasdy, bon réalisateur, nous délivre une oeuvre propre mais sans surprise. Il attarde souvent sa caméra sur les poitrines dénudées, argument commercial probablement vendeur à l'époque. Le film se regarde néanmoins sans ennui et est un plaisir pour les yeux (décors, photographie et comédiens)