Alors c'est plutôt bien réalisé (j'aime bien notamment comment le réal met bien en exergue l'opposition entre l'aspect antique des éléments traditionnels et la modernité actuelle, avec les arrivées en gros bus, les cardinaux qui trainent leurs valises cabines à roulette, qui attendent en scrollant sur leurs smartphones, les sœurs qui s'activent dans les cuisines collectives full inox, etc.), y'a aussi un aspect feutré bien rendu, les éclairages et plans peuvent être assez léchés (parfois trop peut-être ?). Musique sympa aussi qui imprime une certaine personnalité à l'ensemble (sans transcender non plus la pellicule).
L'idée de départ est excellente, de quoi initier un huis-clos psychologique et politique oppressant et haletant. Mais ça ne tient pas. Les péripéties sont hyper convenues, le déroulé en pilote automatique ultra-routinier, les dialogues pauvres voire ridicules tellement c'est bateau et dépourvu de verve et d'intensité, les "révélations" hyper basiques et attendues .... sauf le pseudo-dénouement final où là c'est tout l'inverse, tu m'étonnes que personne ne le voit venir tellement c'est tordu et ridicule ! Et complètement anodin, érigé comme un twist ?? L'impression que les auteurs se sont faits ramollir le cerveau par des effets de mode...
Après, bon, c'est pas trop ennuyeux non plus, y'a une certaine efficacité narrative par l'usage de ficelles très classiques et éprouvées, mais c'est vraiment plat, sans enjeu, et consternant dans la bêtise de sa conclusion. Et passe complètement à-côté de son sujet, tant sur le fond (à l’intérieur de ce Vatican formaté aux standards des séries télé toutes les réflexions sont d'une superficialité et d'une banalité effarantes et d'un gentil consensuel bien inoffensif) que sur la forme (les tours de vote auraient pu (dû ?) rythmer la dynamique narrative en faisant culminer suspense et intensité, mais il n'en est rien, on suit chaque vote avec un ennui poli, chaque résultat étant parfaitement prévisible tellement la mécanique narrative est transparente, et sans enjeux tellement ceux-ci sont insignifiants ; et même l'aspect cloitré n'est pas respecté ce qui relève autant d'une paresse et facilité d'écriture déconcertante que d'un ressors majeur de la situation qui s'évapore de fait).
On peut mentionner un casting de "têtes bien connues" plus que de "grands acteurs" (en dehors d'éventuellement Ralph Fiennes, qui ne brille cependant pas spécialement à part assurer la parfaite 'tête de l'emploi') aux jeux standards et sans étincelles.