Le Pape est mort, vraisemblablement d’une crise cardiaque. Il est alors temps d’élire son successeur. L’organisation du conclave repose sur les épaules du cardinal Lawrence. Une lourde tâche pour le doyen en titre.
Il y a de la conspiration dans l’air du Vatican. Dans l’ombre, se chuchotent les messes basses. Les sbires sont à la manœuvre. Attention, les murs ont des oreilles. Progressistes, conservateurs et rétrogrades s’affrontent en tentant d’avancer leurs pions sur les dalles en échiquier de ces lieux solennels. Enfermés dans la Chapelle Sixtine, anges et démons rieurs les observent et les jugent. La foi est en crise, le doute règne.
Edward Berger n’est pas le premier à s’immiscer, telle une souris curieuse, dans les coulisses si secrètes du « Sede vacante ». Ron Howard, sur les traces de Dan Brown, ou Nanni Moretti, plus espiègle, les ont annexées avant lui. Sans oublier, Paolo Sorrentino et son Young Pope, apôtre du blasphème. Il y a de quoi être fasciné par ces tractations ritualisées d’un autre âge. Filmées en plongée, les calottes rouges rassemblées dans la cour ou dissimulées sous un parapluie blanc créent de la belle image. La majesté gothique du décorum encourage les plans géométriques. Dans ce monde d’hommes, les sœurs, acculées en cuisine, auraient au final leur mot à dire. Rebondissant parfois maladroitement, le scénario pèche un peu. Quant aux effets de manche de la musique qui surlignent la tension ambiante, ils font craindre le trop-plein. En contrepartie, on aime ces instants de silence qui permettent à Lawrence de souffler. Dans le rôle, Ralph Fiennes, par la simple cadence de sa respiration, exprime tout le désarroi de son personnage.
(6.5/10)
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