C'est une serie B à faible budget attachante qui va à l'encontre de notre certitude que les productions A.C. Lyles ont livré dans les années soixante seulement d'horribles petits westerns qui nous font honte pour leurs acteurs, autrefois des vedettes, souvent de serie B, recyclés avec l'âge de manière dégradée.
L'acteur principal est Dale Robertson et l'actrice est Yvonne de Carlo : tous deux sont encore magnifiques par leur physique et par leur jeu, sans compter que Yvonne nous gratifie d'une belle chanson en cours de route. Elle fut la preuve vivante que l'éloge des femmes mûres est légitime...
Les seconds rôles (William Bendix, Barton McLane, Bruce Cabot, Lon Chaney Jr, John Agar) ne déméritent pas et c'est aussi un signe que personne ne baisse les bras dans ce petit film. En fait, le scénario va beaucoup compter ici mais surtout c'est la réalisation qui est à l'avenant, malgré des moyens très très pauvres.
Le pitch est qu'un juge (joué par Dale Robertson) venu de la grande ville dans une petite bourgade, résiste activement aux pressions et menaces de toutes sortes d'un notable (joué par Barton McLane), le père d'un jeune meurtrier (joué par John Agar) afin qu'il ne soit pas "condamné à être pendu", menaces qui comprennent le recrutement d'un gunsllinger fameux (joué par Bruce Cabot) lequel tua jadis le père de l'homme de loi.
Ce qu'un bon réalisateur peut faire avec trois sous et très peu de temps nous touche d'autant plus si on ressent que son ambition et sa dignité n'ont pas faibli dans l'adversité d'une production méprisante pour le public, ce qui arriva pour beaucoup d'autres durant cette décennie-là..
Il y a en particulier un gunfight inoubliable au milieu du film : une séquence complexe, très enlevée, ou le juge joué par Robertson réagit à une fusillade en se jetant sous les sabots d'un cheval pour riposter. Le shooting en se jetant par terre est une séquence assez fréquente dans les films d'action, au delà des westerns, mais elle est ici des plus réussies.
Quant au gunfight final, son originalité est qu'il est annulé ! Car le tueur à gages, après des jours d' attente et de se saoulerie solitaire dans une chambre d'hôtel, abandonne son job et la ville, miné par un mélange de remords, de peur du juge et d'exaspération envers son employeur.
(Note de 2018 publiée en janvier 2025).
La même année, le même réalisateur William F. Claxton, réussit une autre serie B "La diligence partira à l'aube".
Deux bons opus du même réalisateur, cela nous indique son importance dans l'équipe malgré une production cynique, des moyens tres pauvres, un temps tres limité et des acteurs en fin de parcours.
On peut comparer ses deux films aux autres production A.C. Lyles de bas niveau comme par exemple Fort Bastion ne répond plus, Toute la Ville est Coupable - Johnny Reno, ou Cinq Mille Dollars mort ou Vif - Taggart.