Sabiha, ou plutôt Aryu, comme la nomment ses auditeurs, travaille pour une hotline rose à Ankara. Alors qu’elle est en ligne avec un mineur, un séisme frappe Istanbul. Elle va tout tenter pour envoyer des secours à ce garçon pris au piège. Mais dans la Turquie de 1999, rien n’est simple.
Ce n’est pas la première fois qu’un film choisit un centre d’appels comme unique décor. Il y a quelques années, The Guilty et son remake américain plaidaient coupables, tandis que Locke, seul dans sa voiture, accroché à son téléphone, évitait la sortie de route. Tout repose alors sur les épaules du personnage principal, enfermé dans un huis-clos où le hors-champ n’existe que par le son. L’actrice Saadet Işıl Aksoy joue le jeu, mais face à la crainte de voir le spectateur raccrocher, elle doit composer avec une surenchère narrative imposée.
L’approche évite les préliminaires. En dominatrice sévère, Sabiha s’efforce de tenir en haleine un dévoyé au bout du fil, pendant que ses collègues tricotent ou préparent une théière entre deux orgasmes simulés. Mais très vite, les éléments perturbateurs s’accumulent et perdent en cohérence : séparation difficile, garde d’enfant en jeu, béquille inutile, avances du patron, tremblement de terre... Avec un mari alcoolique, des clients pervers, un chef trop entreprenant, un proxénète menaçant et un politicien corrompu, sans oublier un adolescent tortionnaire, la gent masculine ne peut plus rien sauver : l’homme est définitivement un loup pour la femme.
(6/10)
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