Touche pas à mon melting-pot !
Ajourd'hui, Lumet est mort, Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de Marius.
Alors, comme j'aime beaucoup Sidney, je me suis fait un de ses films que je n'avais jamais vu.
Un polar de 1990 avec Nick Nolte... Déjà, j'avais un peu peur, en plus il a une grosse moustache Nick... Générique bleuté, chansons 80's, le cadre est posé, puis, ça s'arrange.
D'abord, Nick Nolte joue un gros con, c'est toujours plus facile de l'imaginer en gros con qu'en bourru au coeur d'or. Ensuite, il n'a qu'un second rôle, ce qui est mieux aussi. Enfin, derrière ses côtés brouillons, le petit polar cache quelques coups de pinceaux du maître...
Nick Nolte, flic Irlandais légendaire multi-médaillé qui ne s'en laisse pas compter assume franchement ses bons côtés. Violent, raciste, n'hésitant jamais à sauter au cou du premier travelo qui passe, il commence d'entrée par liquider un porto-ricain et tente de maquiller ça en légitime défense.
Le héros, Timothy Hutton, fils de flic, ancien flic et tout nouveau substitut du procureur est chargé d'apporter à l'affaire le blanchiment officiel.
Un des témoins, dealer, sosie de Francis Lalanne et nouveau mec de l'ancien amour du héros met un peu le doute dans la jolie version des faits...
Notre chevalier blanc enquête alors, aidé par deux flics, un noir ami de Nolte ("Tu es le nègre le plus blanc que je connaisse" aime-t-il lui rappeler gentiment) et le déjà identique Luis Guzman en quota portoricain. Autour d'eux, les amateurs retrouveront Corrado " Oncle Junior " Soprano dans le rôle d'un mafieux.
Le tout baigne dans une atmosphère qui oscille entre le poisseux du Verdict et le vulgaire 80's. Cette sorte de pré- L.A. Confidential ne manque pas d'atouts, mais il pêche parfois quand il veut trop en faire, sur le racisme, sur la corruption, il ne peut pas s'empêcher d'alourdir un peu son sujet...
Reste un film tout à fait honorable, et qui, loin des chefs d'oeuvre de son regretté auteur, reste loin de lui porter opprobre.
Les amateurs blasés apprécieront ce petit sursis, que les autres foncent sur ses plus grandes réussites, ça vaudra mieux...