Coolie
5.7
Coolie

Film de Lokesh Kanagaraj (2025)

Alors que le cinéma tamoul continue de nous régaler (notamment grâce à ses polars tordus et nihilistes), en 2025 ses blockbusters très attendus m’auront plutôt déçu. Après le ratage de Thug Life et la réussite extrêmement discutable (moi j’appelle ça un échec) de Retro, après les décevant Veera Dheera Sooran et VidaaMuyarchi, Coolie, du petit génie Lokesh Kanagaraj peine a convaincre… Voila. C'est dit. Pourtant, dans ce film dédié à la mega super star Rajinikanth et écrit à la truelle de maçon – et où les personnages les plus loufoques se trimballent avec une nonchalance non feinte de scène absurde en scène absurde – se dégage une bonne humeur irrésistible. Si la raison dit non, le cerveau reptilien ne peut se résoudre à rejeter le spectacle chaotique qui émane de cette histoire sans queue ni tête et il y a quelque chose d’assez réjouissant qui déborde de ce foutoir improbable où un ancien leader syndicaliste est confronté à une stupéfiante histoire de chaise électrique à plasma inventée pour faire disparaître les corps d’ouvriers dont les cœurs ont été volés par des patrons mafieux sans scrupules ! À part ça, les protagonistes passent leur temps pendu au téléphone à raconter aux autres personnages ce qui se passe dans un film qui rebondit de twist débile en twist débile. Et puis il y a des huskys qui sautent au ralenti d’un hélicoptère qui se pose dans le désert en faisant de la poussière. Jeu, set et match comme disait le poète.

Alors, soyons clair, il serait totalement vain de faire la liste des choses qui vont ou qui ne vont pas, puisque rien ne va mais que tout va bien. Et même si pendant la projection, on objecte, on souffle ou on se tortille, reste cependant gravée dans nos mémoires la dégaine à la cool de la méga super star Rajinikanth qui, bien qu’hors d’âge, continue de distribuer les taloches et les clins d’œils farceurs avec une jovialité bonhomme et impayable. Bref, le film a beau être cousu de fils blancs, il est taillé sur mesure pour la légende du cinéma tamoul et a intégralement été pensé pour célébrer sa gloire. Et pourtant, il parvient à garder de la place pour mettre en valeur une orgie de bonnes goules qui se pressent autour de lui. En tête, il faut bien évidemment parler de Soubin Shahir qui, en quelques films, s’est imposé – à mes yeux et ceux des esthètes de notre époque – comme l’un des plus grands acteurs de sa génération. Ensuite, même si mon inculture crasse ne me permet pas de profiter à leur juste mesure de l’arrivée tonitruante des ultracaméos censés rendre les salles hystérohystériques, la mise en scène over the top et un soundtrack en avant Guingamp ne t’oublient pas en te prenant par la main afin que personne ne reste à la porte. Généreux et œcuménique, le film et ses auteurs s’assurent que tout le monde aura sa dose de frisson. Du coup, on sait pas trop pourquoi, mais, comme tout le monde, on se retrouve à taper des pieds par terre lorsque déboulent Upendra ou Amir Khan !

Il ne faut pas non plus oublier les tronches plus modestes et notamment une de mes trognes préférée, Tamizh, qui offre au film sa présence magnétique et, surtout, la grande révélation que fut Rachita Ram, dans un rôle de crapule absolument truculent ! Elle vole la vedette à tout le monde et le couple infernal qu’elle forme avec Soubin Shahir est l’une des grandes réussites d’un film qui accumule les bonnes idées (la séquence flashback tournée avec le look d’un film des 70’s, la choré des ouvriers…) et les moments de grâce dans une grosse marmite de bordel et d’âneries. Alors, au bout de tout ça, je dirais quand même qu’in fine, Coolie ne reproduira pas le miracle Pushpa 2, dont le bordelonawak décomplexé semble venir d’une autre galaxie, mais la force turbogauchiste de cette histoire d’ouvriers prolétaires syndiqués réglant leurs comptes avec un patronat démoniaque a quelque chose d’assez satisfaisant. La déception à la sortie de la salle, nourrie par des scènes d’action pas hyper réussies et par un récit vraiment trop chabraque, a finit par laisser place à une certaine tendresse. On n’a plus rien à foutre de rien… Alors on se repasse les chansons en boucle, Thaga Dhimi Thaga Tha Thaga Thom Thaga Dhimi Thaga Dhom Dhom Thaga Thom !


MelvinZed
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le 8 janv. 2026

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