Première critique (2018) :
Brillant polar où James Woods explose de talent à chaque scène, « Cop » est une plongée très noire dans l'âme humaine, où même ce qui paraît l'acte le plus pur et le plus romantique au monde cache une vérité terrifiante et atroce. C'est d'ailleurs l'univers entier du film qui est désincarné : Lloyd Hopkins est un flic violent, peu enclin à suivre les règles et dont la relation familiale est en pleine dérive.
Confirmant cette impression, la belle Lesley Ann Warren n'est en rien la potiche que l'on pouvait craindre, et ajoute au contraire encore plus de personnalité et d'ambiguïté à une oeuvre qui n'en manquait déjà pas. Si bien que le résultat a beau être apparemment inférieur au roman de James Ellroy dont il est tiré, je ne l'en ai trouvé pas moins remarquable, réalisé avec nervosité, talent et un désespoir saisissant concernant la bonté humaine : à l'image de son dénouement aussi brutal que saisissant, une sacrée claque.
Seconde critique (2024) :
Nettement moins convaincant que lors de son premier visionnage, « Cop » propose une ambiance sombre, trouble, renforcé par l'ambiguïté de son personnage principal et une enquête intrigante. Mais le scénario se révèle beaucoup trop confus et difficile à suivre, nous empêchant de nous immerger pleinement dans le récit, malgré un James Woods donnant, comme souvent, absolument tout. Sans oublier le dénouement, brutal, presque nihiliste. Néanmoins, peut-être aurait-il mieux valu rester sur l'impression initiale, ou s'attaquer directement au roman de James Ellroy.