S'emparer d'un personnage historique et le plier à une vision très personnelle et forcément moderne, avec de gros morceaux de fiction dedans, telle est la tendance des nouveaux faux biopics à l'écran dont l'un des sommets reste le Marie-Antoinette de Sofia Coppola, avec moult anachronismes inclus (Elvis ou Blonde peuvent être éventuellement rangés dans cette catégorie). Il fallait donc s'attendre à ce que Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, immortalisée au cinéma, par Romy Schneider, subisse à son tour les mêmes "outrages." En l'occurrence, devant la caméra de Marie Kreutzer, et sous les traits de l'excellente Vicky Krieps, c'est Sissi impératriste qui est portraiturée dans un film qui tente de fuir l'académisme, en se permettant quelques audaces à l'intérêt fort limité (dont une fin incongrue). On comprend bien l'humeur morose de cette Lady Diana avant l'heure, enfermée dans un rôle de représentation qui ne lui convient pas, et par ailleurs obsédée jusqu'à la névrose par la minceur de sa silhouette, alors qu'elle vient d'avoir 40 ans. Une histoire d'émancipation impossible qui se laisse regarder sans ennui mais sans passion véritable.