De l’Impératrice Sissi, on retient souvent sa romance idéalisée avec François-Joseph. C’est oublier que sa vie fut ensuite un grand malheur, avec notamment le décès de plusieurs de ses proches. Sans même aller jusqu’à ces éléments, « Corsage » présente un portrait rude de Sissi.
Contrainte au rôle d’apparat, l’Impératrice n’a son mot à dire sur rien, ou presque. Elle est plus ou moins réduite à son physique, sa taille fine et sa longue chevelure se devant d’être conforme à ses nombreux portraits qui égaient les foules. En conséquence, elle déprime et plonge dans l’anorexie, trouvant un chouïa de bonheur dans quelques voyages, loin de son mari.
L’idée est bonne, mais a du mal à tenir sur 1h50. D’autant plus qu’il n’y a pas de réelle intrigue, le film se contenant d’une chronique. Heureusement, la mise en scène propose quelques belles idées, tandis que Vicky Krieps est excellente dans le rôle de cette femme blasée et oppressée, qui trouve ses échappatoires où elle le peut.
Par contre, le budget semble restreint. Ce sont très souvent les mêmes costumes qui reviennent. Plusieurs décors ont des murs étonnamment décrépis, qui traduisent peut-être le mal-être de la protagoniste, mais rendent difficile la projection. Enfin, le film affiche des anachronismes énormes. Et ils apparaissent surtout comme des contraintes liées au manque de budget plutôt qu’un vrai choix artistique. « Prenons un bateau de croisière moderne, on n’a pas les sous pour reconstituer un navire du 19ème siècle ! ». Même si l’on peut trouver un sens à certains, la démarche parait bancale.