Belle évocation des Années Folles à Harlem, le film suit en parallèle les itinéraires de plusieurs personnages, alternant brillamment les numéros dansés et les à-coups soudains de scènes violentes et sanglantes entre gangsters. Coppola fait revivre à merveille ce temple du jazz à Harlem que fut le Cotton Club, un night-club fréquenté par la upper-class et les gangsters, interdit aux Noirs mais où les Noirs étaient les rois à l'orchestre et sur scène ; Harlem était alors un peu noir, un peu juif, un peu italien, un peu portoricain... affichant une Amérique multiraciale venant admirer des numéros de claquettes et danser le charleston. Le casting est à la hauteur, aussi bien du côté des artistes comme Gere, Hines, Lonette McKee ou Larry Fishburne, que du côté des mafieux comme l'excellent James Remar en gangster vulgaire, ou Bob Hoskins et John P. Ryan en gangsters cruels, ou encore Joe Dallenssandro incarnant Lucky Luciano... A cet aspect artistique très soigné, Coppola ajoute une bande son jazzy bien choisie qui rythme son film, parvenant ainsi à rendre un bel hommage au jazz en ne cédant pas à la tentation facile de la nostalgie et de l'idéalisation d'une époque, tout en rappelant la limite entre les artistes noirs et le public blanc. Un beau spectacle.