Bull est un chien tout ce qu'il y a de plus ordinaire, aimé par ses maitres, mais qui apprend qu'il va être castré dans les vingt-quatre heures. Accompagné de ses autres amis canidés, qui ont déjà perdu leurs attributs, il s'accorde une dernière virée en ville avant son changement de vie.
Je n'ose imaginer à quel point Genndy Tartakovsky a dû se battre se battre pour faire un film d'animation pour adultes, en dessin de surcroit, et qui ne va pas dans la dentelle question crudité. Il y a clairement des références à Fritz the cat dans le sens où ça parle sans arrêt de sexe, avec la poésie qui va bien, mais j'avoue que c'est non seulement miraculeux de voir autre chose que des histoires mielleuses à notre époque, qui évite clairement le tout public (il est interdit aux moins de 16 ans en France), le plaisir en est total. Il y a bien longtemps (depuis Sausage Party ?) que je n'avais pas ri à un film d'animation aussi trash, avec des passages entre chiens homosexuels, léchage d'anus, voire même un canidé qui se fait écraser alors qu'il recouvre à peine la liberté... Ce ne sont que quelques-uns des exemples tout à fait sidérants qu'il y a dans cette histoire avec assez peu de morale (en gros, Bull veut garder ses testicules jusqu'à qu'il puisse enfin conclure avec Cherry, son amie d'enfance... qui n'attend que ça !), où on ne voit jamais les visages des humains, dans un style graphique qui rappelle aussi le film de Bakshi.
Sony a laissé Fixed dans un tiroir durant deux ans avant qu'il ne soit vendu à Netflix, qui le sort là aussi dans une relative indifférence, eu égard à sa crudité. Il faut également saluer le chien nommé Rocco, nommé par Idris Elba, qui est proprement hilarant dans sa façon premier degré d'évoquer la perte de ses roubignoles et de décocher des insultes à tout bout de champ. Ce n'est clairement pas pour les enfants, ça n'est pas romantique pour un sou, mais que ça fait du bien de voir un film d'animation américain qui ne soit pas pour les enfants !