Le film porte on ne peut mieux son titre: quel choc de revoir ce "magnifique" tableau de la France provinciale de la fin des années 70; tout y est méticuleusement décrit, sociologiquement parlant: les lieux (les cafés, le milieu du foot bien sûr avec ses stades, les petites villes où tout le monde se connaît), les rapports sociaux et son patronage pervers (en se faisant renvoyer de l'équipe de foot, Dewaere perd aussi son boulot, son logement), le racisme sournois (Dewaere, lynché verbalement, se faisant traiter d' "arabe"!!!), Annaud et son scénariste Francis Véber ont su trouver le ton juste entre la comédie et la critique sociale corrosive; de plus, "coup de tête" propose, dans la lignée des films français des années 30 et 40, une succession de seconds rôles particulièrement savoureux: Aumont, Bouise, Le Person, Dalban et consorts traduisent remarquablement la bassesse et la crétinerie humaine; quant à Dewaere, il déroule encore ici sous nos yeux toute l'étendue de sa palette d'acteur: sensible, colérique, matois, tendre, vindicatif et j'en passe, Dewaere/François Perrin nous émeut, tout simplement. On pourra regretter que Jean-Jacques Annaud ait, par la suite, délaissé le ton et le cadre de ses deux premiers films (il avait tourné préalablement "la victoire en chantant") au profit des grosses productions car il nous permet, à travers le personnage de Dewaere, nous réjouir de la "victoire" des petits sur les grands (cons); ce n'est pas rien.