Je l’ai beaucoup aimée parce que c’est le genre de film qui t’attrape avec quelque chose de très simple (une situation limite) et qui, sans en faire des tonnes, t’emmène dans un endroit assez sombre. Ça commence comme un thriller de survie, mais ce qui serre vraiment, c’est l’émotion.
Le film joue très bien avec l’idée de culpabilité : cette sensation collante de “si j’avais fait ça” ou “si je n’avais pas dit ça”. Et le plus inquiétant, c’est la façon dont l’esprit peut tout tordre jusqu’à ce que tu ne saches plus si tu vois des faits, de la peur, ou un mélange des deux.
Le rythme a bien marché pour moi. Ça ne s’attarde pas, ça va à l’essentiel, et ça profite du temps pour tendre la corde sans arrêt, avec des scènes qui paraissent petites mais qui te laissent mal à l’aise. Ce n’est pas un film à twists pour briller, c’est plutôt un film qui te garde l’estomac noué.
Belén Cuesta porte l’histoire avec beaucoup de vérité. Elle reste contenue, mais on sent toute l’usure en dessous, et ça la rend crédible même quand le film devient plus extrême. Le reste du casting accompagne bien, sans voler la vedette, parce qu’ici l’important, c’est son rythme à elle.
Dans la mise en scène, l’incendie n’est pas juste du “spectacle” : il agit comme une pression constante, comme une horloge, comme une menace physique et mentale à la fois. Il y a des moments très réussis dans la manière dont le film mélange le réel et ce que le personnage projette.
Au final, c’est un thriller très divertissant, mais avec un fond assez triste et humain. Ça te fait réfléchir à quel point l’esprit peut te mentir quand tu es brisé de l’intérieur, et à la vitesse à laquelle tout peut mal finir.